Le code a changé, une nouvelle fois

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Dîners en ville : le thème est très en vogue et Les Invités (Gallimard) n'est pas avare en rebondissements cocasses et élégants. Sophie du Vivier reçoit ce soir, et ne laisse rien au hasard pour préparer l'événement qui doit servir les affaires de son mari. Mais un couple d'amis se décommande et ils se retrouvent treize à table. Sonia, la domestique, est conviée in extremis pour sauver le dîner. Et c'est parti pour 200 pages d'un livre qui se dévore comme un film, empruntant au Dîner de con ou à Festen, et tombant même à pic au moment de la sortie en salle du Code a changé. Pierre Assouline évite les cacophonies : les situations sont drôles, justes, et ne cèdent pas à la caricature. Avec ironie et tendresse, l'auteur dépasse la question du milieu, pour dézinguer plus largement les habitudes sociales qui rendent bien vain tout un chacun. Avec, en sus, une fine réflexion sur la question de l'« invité », qui fait basculer le livre vers un humanisme bienvenu. ■ K. P.