« Pigeons verts » en pleine tourmente environnementale

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Pour sa première BD, le peintre espagnol Javi Aznarez signe un récit aussi déjanté qu'un film de son compatriote Pedro Almodóvar. Pigeons verts (Kster BD) raconte les tribulations rocambolesques d'un trio de marginaux écolos dans un monde futuriste d'où faune et flore ont quasiment disparu. Complètement dépités, Sac, Moustaches et Irvin décident de kidnapper l'homme qui symbolise l'inexorable extinction des espèces vivantes : Philip Ciment, l'infâme propriétaire d'un zoo-mouroir. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, et l'action militante vire bientôt au bain de sang... Malgré une galerie de personnages extravagants, des couleurs chatoyantes et un récit mené à cent à l'heure, c'est d'une fable d'une extrême noirceur qu'il s'agit. ■ Olivier Mimran