Alice Russell cultive les mélanges

Gaëlle Grandon

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Elle a la voix d'une diva afro-américaine et la bouille de Candy. Mais Alice Russell sait ce qu'elle veut. Elle a sorti son dernier album, Pot of Gold, sur son propre label. « Un challenge qui me permet de conserver les droits d'auteur-compositeur », s'amuse la chanteuse de soul, qui déboule maintenant sur les scènes françaises*.

« Nous allons jouer les chansons du nouvel album et les classiques des albums précédents, comme notre reprise de Seven Nation Army, mais aussi de nouvelles compositions, plus punkies et électro. Je réserve toujours des nouveautés pour le live. Il faut que le concert soit intéressant pour le public et pour moi. Et puis, mes musiciens viendront nus sur scène ! » Alice Russell n'a pas besoin de tels arguments pour séduire. Son album a déjà une énergie très live, grâce à une méthode d'enregistrement particulière. Chaque membre du groupe joue et enregistre une seule fois le titre. « Je pense que c'est le meilleur moyen de garder l'essence pure de la musique. Le son est plus brut et direct. Je vais continuer à travailler de cette façon car je m'amuse beaucoup. D'ailleurs, la moitié de mon prochain album est déjà enregistré comme ça. C'est idéal. »

La chanteuse, qui cite Aretha Franklin et Marvin Gaye comme « repères », navigue parfois aux abords du gospel. Un genre difficile à faire vivre sur scène. « C'était trop cher de faire venir une armée de choristes et une grosse section de cuivres. Donc, tous les musiciens chanteront, mis à part le batteur, qui est timide... » ■* Ce soir à Angers, demain à Nantes, le 28 à Toulouse, puis le 27 avril à Paris.