La mode est à la reformation de groupes

MUSIQUE Après Blink 182 mercredi, c'est au tour de Limp Bizkit d'annoncer sa réunion pour une série de concerts à venir. Ils ne seront pas les seuls à revenir en 2009...

Sandrine Cochard
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REUTERS / William

Nostalgie, effet de mode et appât du gain, qu’est-ce qui motive ces groupes à se reformer?
 
La nostalgie
 
Certains groupes sont synonymes de premiers émois musicaux. Ces albums et ces concerts brandis comme des trophées de l’émancipation adolescente restent de précieux souvenirs que l’on a parfois envie de revivre, quelques années plus tard. Un terreau de nostalgie propice au retour sur le devant de la scène de groupes éclatés depuis parfois plusieurs années.

Car susciter l’attente reste une bonne stratégie pour créer l’événement, qu’il s’agisse d’un nouvel album ou d’un concert inespéré. C’est ainsi que Noir Désir, contraint à la séparation et dont l’avenir du groupe n’était plus certain, a vu son site être saturé par les demandes de téléchargement de deux titres inédits que le groupe avait gracieusement mis à disposition sur son site officiel.
 
Le groupe Blur jouit également de fidèles. Les Britanniques ont d’ores et déjà prévu de se retrouver pour un grand concert, le 4 juillet prochain à Londres.
 
Voir les retrouvailles en vidéo, en cliquant ici
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«Nous avons senti que c’était le moment, a expliqué Damon Albarn au magazine «NME». Comme si nous avions encore quelque chose à faire ensemble, comme si nous n’étions pas complètement inutile et que nous avions une raison d’exister.» Une façon de remercier les fans et de se sentir rajeunir. A une condition: ne pas avoir sombrer dans l’oubli.
 
Le retour de mode
 
Populaires dans les années 1990, les boys band ont rapidement disparu des étals des disquaires avant de tomber en désuétude. Certains profitent pourtant d’un retour de hype des «nineties» pour se reformer. Les New Kids On The Block, «NKOTB» pour les intimes, sont même déjà remontés sur scène, début février.
 
Et ce n’est pas fini. Worlds Apart, Boyzone ou encore les Backstreet Boys ont annoncé leur grand retour. Mais il ne vaut mieux pas compter que sur ça: la mode, ça va et ça vient.
 
Carrière solo en berne
 
Des reformations peuvent également révéler l’échec des carrières menées en solo. La séparation des membres de Blink 182 a ainsi accouché de deux groupes, +44 et Angels And Airwaves, au succès confidentiel.
 
Même sanction pour certains membres des boys band évoqués plus haut, comme Mark Owen (ex-Take That) ou Nick Carter (ex-Backstreet Boys), à l’exception de Robbie Williams. Du fait de sa carrière solo bien remplie, le chanteur a récemment décliné l’invitation de ses ex-camarades qui projettent de revenir.
 
L’appât du gain
 
En avril 2004, le retour des Pixies, groupe culte des années 1990, est entaché par les déclarations un peu trop honnêtes de son leader Franck Black: la reformation du groupe a été grandement motivé par l’argent qui leur a été proposé. Mais les Pixies ne sont sans doute pas les seuls à se préoccuper de leurs finances, même s’ils sont les seuls à avoir ouvertement déclaré être (aussi) revenus pour l’argent.

En annonçant leur retour pour une série de concerts, Blink 182 et Limp Bizkit se montrent d’ailleurs très malins: une tournée bien remplie constitue désormais la principale source de revenus d’un artiste.