Sliimy, un nouveau Mika?

MUSIQUE Le jeune chanteur français de 20 ans s'est fait connaître sur le Net. Il prépare la sortie de son premier album, prévue en avril prochain. Rencontre.

Sandrine Cochard

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  — © Luciana Val & Franco Musso

La ressemblance est évidente. Même silhouette androgyne, même voix capable d’accrocher les aigus (à quelques octaves près), mêmes boucles soyeuses et même univers acidulé et enfantin... Sliimy, jeune chanteur français qui s’apprête à sortir son premier album après un MySpace remarqué, semble marcher dans les pas de Mika, auteur du carton de l’année 2007 avec l’album «Life in cartoon motion», et promet d’être une des sensations de 2009.
 
Pop bricolée
 
Sliimy, avec deux i «pour faire sourire», diffuse depuis juillet 2007 sa pop bricolée et son accent anglais parfait sur le Net et quelques scènes de concert.
 

 
Outre ses compositions propres, dont «Wake up» et «Trust me» sont les étendards taillés pour la radio, le jeune chanteur originaire de Saint-Etienne récemment installé à Paris est surtout célèbre pour ses reprises, de Britney Spears à Lilly Allen en passant par Boy George.
 

 
Sa reprise de «Womanizer» le propulse sur le très populaire blog de Perez Hilton, en décembre dernier. Le buzz est né. «J’avais signé déjà chez Warner, l’été dernier. Ce buzz m’est un peu tombé dessus par hasard car c’est une internaute qui a écrit à Perez Hilton pour me faire connaître», explique-t-il d’une voix douce dans un café du 17e, à Paris. Le titre a été vu et entendu par près de 170.000 internautes en quelques jours. Pour lui, tout commence après avoir remporté un concours de chant local qui lui permet d’enregistrer une chanson. Une rencontre avec son guitariste, prénommé Feed, plus tard, le voici qui finalise son premier album, dont le mixage est prévu à New York dans les prochains jours avant de sortir en France, le 6 avril 2009. Un conte de fée qui ferait décoller n’importe quel apprenti chanteur, mais Sliimy garde les pieds sur terre, estimant «avoir encore tout à faire».
 
Univers coloré et enfantin

 
Sa dégaine androgyne et haute en couleur a pourtant déjà marqué les esprits. Un style très personnel que le chanteur assume, malgré les moqueries des années lycées. «A Saint-Etienne, les gens ont beaucoup jugé mon style, j’ai toujours été différent, mais je n’ai jamais voulu changer pour les autres. Je suis habitué au regard des autres et j’aime ce que je porte», explique-t-il derrière ses lunettes XXL. En l’occurrence un jean slim gris, un sweat à capuche assorti, une veste à carreaux jaune et noir et des chaussures turquoise sur chaussettes fushia.
 
Un look farfelu directement inspiré de la folie anglo-saxonne, culture qu’il adule et à laquelle il a été biberonné, de Lily Allen à Antony and The Johnsons en passant par Kate Nash. «Sur l’album, il n’y a aucun titre en français, même si je sais que c’est mal vu ici, mais je trouve que l’anglais donne un rythme particulier à la pop, assure-t-il. Les paroles ont l’air moins ridicules qu’en français.» Même sa montre parlante rouge donne l’heure en anglais. A l’arrivée, sa musique pétillante, à la bonne humeur communicative, oscille entre bubble gum et douce ironie. «Une pop un brin cynique», avance-t-il pour ne pas être estampillé superficiel.
 
Accro d’Internet
 
Sliimy, c’est aussi l’histoire d’un jeune connecté, comme tous ceux de sa génération sans doute, qui possède deux pages Facebook et alimente un skyblog et un MySpace, sur lequel répond lui-même à ses messages assure-t-il. Pour lui, ne pas avoir accès à Internet, c’est un peu être «coupé du monde». Pourtant, on lui apprend lors de l’interview ce qu’est Twitter. On repassera pour la geekitude.
 
Son seul regret: n’avoir jamais appris à jouer d’un instrument de musique. «J’ai décidé de me mettre au piano prochainement», jure-t-il en riant, lui qui a juste retenu deux morceaux de son année de guitare: «Karma police» et «Knocking on heaven’s door». Cela lui fera un point commun de plus avec Mika, une comparaison qui le flatte. On espère que Sliimy, jeune pousse très prometteuse, trace rapidement son propre chemin.