Pas de Daft Punk à Shanghaï

MUSIQUE Pourtant, des milliers de personnes ont acheté leur billet pour un faux concert du duo électro. Récit d'une escroquerie...

Alice Antheaume
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Le duo de musique électronique français Daft Punk a présenté dimanche au festival de Cannes son premier long métrage, "Daft Punk's Electroma", film expérimental qui raconte la quête de deux robots pour devenir humains.
Le duo de musique électronique français Daft Punk a présenté dimanche au festival de Cannes son premier long métrage, "Daft Punk's Electroma", film expérimental qui raconte la quête de deux robots pour devenir humains. — Karl Walter AFP/Getty Images

Arnaque géante à Shanghaï. Un concert de Daft Punk a été annoncé sur une page de Facebook, disparue depuis. En quelques jours, des milliers de tickets ont été vendus, à environ 50 euros l’unité. Or c’était un «fake», ce concert n'aura jamais lieu. Explications.


Le concert du «mythique duo français de l’electro», comme cela était écrit sur la dite page Facebook, devait se tenir dans la métropole chinoise, à 22h, ce vendredi 13 février. Le lieu? Il n’était pas renseigné, les organisateurs promettant au public de leur communiquer, quelques heures avant, l’adresse des festivités par SMS. Façon concert sauvage. Un site Web avait même été créé, à l’adresse dafthidden.com


Butin


La communauté des expatriés français de Shanghaï, qui compte environ 7.500 personnes enregistrées au consulat, s’est aussitôt ruée sur l’occasion


Selon ce groupe Facebook créé par et pour ceux qui se sont fait voler, 3.800 personnes ont succombé aux fausses sirènes de Daft Punk. A 50 euros le billet, cela fait un total de 190.000 euros... dans la poche des filous. 


Témoignage


Aurélie, une Française qui vit en Chine depuis plusieurs années, a acheté deux places. Interrogée par 20minutes.fr, elle raconte: «Il fallait aller chercher ses billets dans la cour d’un parking, là où les escrocs avaient loué un local aux murs ornés d’énormes posters de Daft Punk. Sur place, une personne nous demandait nos numéro de téléphone et mail pour nous donner, soi-disant, des indications sur l’adresse où se tiendrait le concert.» 


En échange, les intéressés payaient leur billet en cash. Pas de carte bleue, pas de paiement en ligne, pas de trace. A vue de nez, les billets vendus n’ont pas éveillé les soupçons des acheteurs, puisqu’il «était doté du logo de la maison de disques de Daft Punk», reprend Aurélie qui annonce en riant: «Vendredi soir, je vais organiser une contre-soirée pour les Daft losers.»