Le graffeur Crash s'invite à Paris

CULTURE Une exposition lui est consacrée à partir de samedi…

Sandrine Cochard

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  — © Crash

Les fans de graff ont un mois pour (re)découvrir Crash, pionnier du genre dont les toiles peintes à la bombe ont fait le tour du monde. Certaines, couvrant la période 1973/1982, seront proposées par Addict Galerie lors d’une exposition qui débute samedi et s’achève le 5 mars. Avant de vous y rendre, voici un petit condensé de ce qu’il faut connaître sur le travail de cet artiste.
 
Qui est Crash?

A bientôt 48 ans, John Matos dit «Crash» fait office de vieux de la vieille du graff. Né en 1961 dans le Bronx, où il vit toujours, il commence à graffer dès l’âge de 13 ans sur les trains et dans le métro new-yorkais. Enfant, raconte-t-il, « la seule chose qui m’intéressait vraiment c’était les trains… leurs déplacements, leurs sons, leurs odeurs occupaient mes pensées du matin à la tombée du jour ». Il passe à la toile, quelques années plus tard, et peaufine son travail à la bombe, qu’il est l’un des premiers à utiliser. Très vite, il enchaîne les expositions. Il a 20 ans à peine pour la première, en 1981, à la Real Art Ways Gallery. Puis son art s’exporte en Europe et en Asie, s’exposant dans de nombreuses mégalopoles internationales (Paris, Hong-Kong, Tokyo…). Ses œuvres font le tour des salles les plus prestigieuses, comme celles du Moma à New York, du Brooklyn Museum of Art, du Groninger Museum ou du Stedelijk aux Pays-Bas.
 
A quoi reconnaît-on son style?
Crash s’est peu intéressé au tag, optant tout de suite pour une peinture beaucoup plus léchée au trait toujours simple et précis. Si le graff est une composante du mouvement hip-hop, les toiles de Crash n’ont pas l’allure «street» de celles d’un Sharp, d’un Quick ou d’un Jonone. Lui préfère explorer le pop-art, s’illustrant par son utilisation de couleurs flamboyantes directement inspirées des comics américains (à voir en cliquant ici). Mais c’est encore lui qui en parle le mieux, comme dans cette vidéo:
 

 
Quelle est sa cote?
Ses toiles sont généralement estimées entre 5.000 et 10.000 euros mais trouvent souvent preneur bien au-delà. La guitare «Crash 3» qu’il a spécialement illustrée pour Eric Clapton a été vendue 321.000 dollars (250.000 euros) lors d’une vente aux enchères, le 24 juin 2004. Soit plus de 53 fois le prix estimé (entre 4.000 et 6.000 dollars – entre 3.118 et 4.680 euros)! Le 18 février 2008, sa toile «Call card, 1988» (à voir en cliquant ici) s’est vendue 48.500 euros à Paris alors qu’elle avait été estimée moitié moins. De la rue aux galeries, la transition est plutôt réussie.