À Hollywood, Obama casse la baraque

Caroline Vié

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George W. Bush n'a jamais été populaire du côté de l'usine à rêves. De Syriana (Stephen Gaghan, 2004) à Dans la vallée d'Elah (Paul Haggis 2007), bien des fictions ont montré le peu de crédit que les artistes accordaient à son administration, décrite comme dangereuse et liberticide. C'est peu dire que la profession se réjouit de l'élection d'Obama, comme quelques-uns de ses partisans, interrogés par 20 Minutes, n'ont pas manqué de le rappeler. « Cet homme va avoir un impact psychologique important sur l'industrie cinématographique, s'enthousiasme Spike Lee. Les gens reprennent espoir alors que beaucoup d'intellectuels refusaient de croire qu'il pourrait être élu. »

« Il est certain que nous serons plus libres de nous exprimer que sous l'administration Bush, prédit Alan Ball, créateur de séries télévisées comme « Six Feet Under » et « True Blood ». Il sera sans doute plus simple d'aborder ce qui, jusqu'alors, était considéré comme obscène : le sexe ou les propos grossiers. » A l'instar du dernier président démocrate, Bill Clinton, qui aurait été mal placé pour jouer les puritains après l'affaire Monica Lewinsky, Barack Obama s'affichera-t-il aussi en compagnie de grands noms du 7e art ? « Obama doit d'abord nous sortir d'un conflit meurtrier et d'une crise économique terrible », s'inquiète Steven Soderbergh. Et il serait sans doute mal perçu par l'opinion de le voir faire la fête avec ses potes célèbres dès son investiture. « Il faut surtout espérer qu'il tiendra ses promesses et sera à la hauteur de la confiance que nous avons placée en lui, soupire Leonardo DiCaprio. C'est sans doute injuste, mais Barack Obama est porteur d'un tel espoir que sa besogne sera particulièrement rude. » « Le contexte économique ne favorise pas la création, tempère à son tour le réalisateur Todd Haynes, et l'adoption de la proposition 8 (qui interdit le mariage entre deux personnes du même sexe) prouve qu'il y a beaucoup de chemin à parcourir. Mais voir un Noir démocrate à la Maison Blanche est un pas décisif dans la bonne direction. » ■