Le succès souffle en « vents contraires »

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Olivier Adam est en pleine forme : son sixième roman, Des vents contraires (Ed. l'Olivier), est à peine sorti que son accueil dépasse déjà les espérances de son auteur. « Ça me rassure et ça m'angoisse, confie l'écrivain. J'ai le sentiment qu'il y a un lectorat qui s'agrège de livre en livre. » Et une surface médiatique qui s'élargit depuis 2006, avec la sortie du film de Philippe Lioret, adapté de son premier roman Je vais bien, ne t'en fais pas, et d'A l'abri de rien, pressenti pour le Goncourt 2007, qui a aussi été son roman le plus vendu (plus de 100 000 exemplaires).

Son dernier opus raconte l'histoire de Paul Anderen, un écrivain dont la femme a mystérieusement disparu, et qui décide d'emménager à Saint-Malo, la ville de son enfance, avec ses deux enfants. La famille tente de diluer sa douleur dans les paysages lumineux de Bretagne. Un mélo sans pathos, comme Olivier Adam sait les faire. Le roman en rappelle un autre, Falaises, publié en 2006 : « Dans ces deux livres, le personnage principal est un double fantasmé de papier, qui emprunte l'écorce physique de l'écrivain et ses façons de penser. Comme chez Philippe Djian ». Djian, un passeur et un écrivain clé dans l'imaginaire littéraire d'Adam. En exergue de son livre, il cite l'extrait d'une chanson écrite pour Stefan Eicher. « J'ai beaucoup écouté ses titres quand j'ai commencé à écrire ce livre. Comme un son à frotter à mon écriture. » ■ Karine Papillaud