Un mémorial dédié à la résistance?

CULTURE Lors de ses voeux à la culture, Nicolas Sarkozy a demandé la création d'un musée de l'histoire de France...

Sandrine Cochard avec agence

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  — REUTERS / Jean-Paul Pelissier

Des voeux en forme de programme présidentiel. Mardi à Nîmes, Nicolas Sarkozy s'est exprimé devant les professionnels de la culture. Outre des mesures aussi variées que la gratuité des musées pour les moins de 25 ans ou encore la création d'un conseil pour la création artistique, le chef de l’Etat a appelé à la création d'un «musée de l'histoire de France», à la mission et aux contours pour l’instant non définis.

«Il faut que ça polémique un petit peu»

«Il n'existe aucun lieu pour questionner l'histoire de France dans son ensemble», a déploré le chef de l'Etat avant d’annoncer la création d’un mémorial «situé dans un lieu emblématique de notre histoire, un lieu qui reste à choisir». Et d’ajouter: «Il y a plusieurs idées, il faut débattre, il faut que ça polémique un petit peu».
 
L'idée de ce musée est en germe depuis son élection, en 2007. Dans sa lettre de mission adressée à Christine Albanel, le 1er août 2007, Nicolas Sarkozy avait déjà évoqué la création d’un «centre de recherche et de collections permanentes dédié à l'histoire civile et militaire de la France» qui serait complété par un «ambitieux mémorial» dédié «à la résistance et à la France libre, en hommage à tous les résistants.» Ce projet pourrait voir le jour en 2010, «en prévision des soixante-dix ans de l'appel du Général de Gaulle».

Versailles ou Invalides?
 
Christine Albanel et le ministre de la Défense Hervé Morin avaient alors chargé Hervé Lemoine, conservateur du patrimoine, de faire des propositions. Celui-ci avait alors opté pour créer ce centre aux Invalides. Une mauvaise idée, selon le directeur du musée de l'Armée aux Invalides, le général Robert Bresse. «Il ne faudrait pas donner l'impression que les militaires mettent la main sur l'histoire de France», a-t-il déclaré mardi à l'AFP. Selon lui, un tel musée aurait plutôt sa place à Versailles.

Ça tombe bien, le président du château, Jean-Jacques Aillagon, souhaite réactiver l'ancien musée de l'histoire de France, voulu en son temps par Louis-Philippe, comme un hommage «aux grandes gloires» du pays. Mardi soir, l'Elysée n'était pas en mesure de nous indiquer si ces deux projets étaient un seul et unique ou différents. Mais comme le souhaitait Nicolas Sarkozy, la polémique est lancée.