« Les Eagles sont un cocon protecteur »

recueilli par Ulla Majoube et Benjamin Chapon

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Ça n'a pas l'air d'aller fort ?

Je me suis engueulé avec ma copine. Hier soir, j'ai erré dans Paris, j'étais paumé... Ce n'est pas facile d'être avec quelqu'un comme moi.

Sans doute. Vous sortez donc votre troisième album, Heart on...

Oui, ça se fête ! Je vais manger mes testicules... (rires)

Bien, mais qu'allez-vous boire avec ?

Du sang d'agneau ? Ou de vierge. Hé ! Ça ferait une bonne chanson, ça. Il faudrait la faire en français, ça sonnerait plus classe.

Vous utilisez beaucoup l'ironie dans vos paroles...

Je suis un petit futé. J'essaie de faire une satire de cet Hollywood babylonien. Malgré tout, j'aime bien les gens. Ce n'est pas parce que vous êtes entouré de sales cons que le monde entier n'est fait que de sales cons.

Comment le groupe a-t-il évolué en dix ans ?

Pour le premier album, j'ai suivi Josh [Homme]. Je jouais n'importe quelle chanson tant que je pouvais adopter une pose rock sur scène. Pour le deuxième, j'ai appris la guitare. Sur Heart on, j'ai appris à chanter. De quoi on aurait l'air si on sortait toujours le même album ? J'ai beaucoup appris et je peux maintenant enregistrer les chansons proprement. C'est la première fois que Josh et moi participons à égalité. Pour nous, les Eagles sont une sorte de cocon protecteur où on peut s'amuser.

C'est un peu la définition d'un groupe...

Ça devrait l'être, oui. Mais ça n'est pas souvent le cas. C'est aussi la définition de l'amitié. Josh est mon meilleur ami.

Comment prenez-vous son succès avec les Queens of The Stone Age ?

Il n'y a pas de guerre d'ego entre nous. Enfin, en matière de musique ! Il est plus connu maintenant, mais Queens est un projet secondaire de Josh, car on existait avant. ■