La Casa de Saint-Denis- de-Gastines casse la baraque

Benjamin Chapon

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L'histoire est banale : des jeunes gens montent un groupe, donnent quelques concerts devant des potes, nourrissent quelques ambitions pro, puis vieillissent et disent adieu à leurs rêves. Pierre Le Feuvre et Jean-François Péculier, eux, n'ont pas lâcher le morceau et sortent, à 30 ans, leur premier album, Les Trucs abîmés. « Nous étions toute une bande au départ. Peu à peu, certains en ont eu marre de galérer et d'autres sont partis parce qu'ils n'étaient pas emballés par la direction que prenait notre musique », explique Pierrot. « Alors que tous les deux, on était à fond, enchaîne Jeff. On savait qu'on avait trouvé un son. »

Le style de La Casa est un mélange piquant de chanson française façon Louise Attaque et de musique mariachi de Tucson, la rencontre entre mélodies d'Arizona et textes composés dans le fin fond de la Mayenne. Car pour en arriver là, La Casa casanière n'a jamais quitté son lieu de vie. « On habite là depuis toujours, on y est bien, explique Pierrot. Et comme dans notre campagne, la culture ne venait pas à nous, on l'y a fait venir. » D'organisation de festivals en tournées, le duo est allé chercher ses influences bien loin de son village de Saint-Denis-de-Gastines. « En bons trentenaires, on a écouté Noir Dés' ou la Mano Negra mais on ne se cantonne pas au rock », explique Jeff. De fait, plus qu'avec ses textes sombres et bien fichus, La Casa se distingue par ses bidouillages musicaux ambiance western, ses cuivres mexicanisants, un son de banjo déglingué (créé en maltraitant une guitare sèche). On leur parle beaucoup du groupe américain Calexico, eux n'oublient pas leur amour du reggae. Bref, La Casa est ouverte à tous les vents, à toutes les cordes, à tous les sons.