la soul retrouve son éternelle jeunesse

Benjamin Chapon

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Elle n'avait jamais vraiment cessé de souffler ses airs exaltés par-ci par-là, mais cette fois, c'est sûr : elle est de retour. En 2009, la soul sera partout. Les producteurs de hip-hop US ne jurent plus que par les musiciens groove et abandonnent peu à peu leurs machines. Britney Spears a placé Marvin Gaye dans son panthéon d'artistes fétiches, et même Bono, qui met actuellement la dernière main à un nouvel album de U2, a reconnu que la soul était l'une des musiques qui le touchait le plus.

La capitale anglaise est sans conteste l'épicentre de cette nouvelle vague, avec l'avènement d'Amy Winehouse et ses suiveuses, Duffy ou Adèle, puis du génial Jamie Liddell. Le jeune homme est le porte-étendard d'une génération qui a sorti la soul de l'ornière ringarde et chochotte dans laquelle elle était tombée depuis l'avènement du hip-hop mainstream. L'ascension d'un John Legend montre que de nouvelles stars de la soul peuvent aujourd'hui émerger.

La soul s'accommode à toutes les sauces. C'est sa force et c'est ce qu'a compris Anthony Joseph. Le chanteur free-jazz britannique sort un nouvel album, attendu pour le 12 janvier, qui mêle funk caribéen et soul roots, celle née de la fusion entre gospel et blues. De l'autre côté de l'Atlantique, au Canada, le jeune Justin Nozuka fait voisiner folk et soul avec un premier album déchirant (lire ci-dessous). Si elle inspire la jeunesse, la soul voit aussi son histoire revivifiée. The Christians font à nouveau l'actualité, plus de vingt ans après leur création. Le quatuor de Liverpool revient à ses racines soul avec un album de leurs tubes en version acoustique. Et Raphael Saadiq signe l'un des meilleurs disques de janvier avec The Way I See It, hommage à la soul immortelle des années 1960.