L'hiver livre du gros

Karine Papillaud

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Le roman anglophone est la grande tendance de cette rentrée littéraire. Ça tombe bien, c'est le chouchou du grand public. Sur les 211 livres traduits publiés entre janvier et février, la moitié sont écrits dans la langue de Shakespeare. En vedettes, Jonathan Coe (La pluie, avant qu'elle tombe, Gallimard), Joseph Connolly (Jack l'Epat' et Bloody Mary, Flammarion) et Paul Auster (Seul dans le noir, Actes Sud). Avec ses 558 titres, soit une douzaine de plus que l'an dernier, cette rentrée d'hiver 2009 prend une importance stratégique dans la vie littéraire française. Sa préférence pour la littérature étrangère (30 romans étrangers de plus que l'an dernier) et une production en hausse constante en font désormais le pendant de la fameuse rentrée littéraire de septembre.

Avec des enjeux d'égale importance : la rentrée d'automne a dans son viseur les prix littéraires de novembre (Goncourt, Femina, Médicis, etc.), les livres publiés en janvier et février ont, eux, l'alléchante échéance du Salon du livre de Paris en mars, mais aussi les très cotés prix de printemps, organisés par la presse avec leur lectorat, comme le prix du livre Inter, les prix des lectrices de Elle, France Culture-Télérama, etc.

Côté français, cette rentrée de janvier promet des valeurs sûres : Marc Dugain, Patrick Rambaud qui livre le deuxième volet de sa chronique sur Nicolas Sarkozy, mais aussi Maurice G. Dantec, Pierre Assouline, Philippe Besson, Alain Mabanckou, Jean Rouaud, Yann Queffélec, Philippe Djian, Madeleine Chapsal ou Gilbert Sinoué. De gros vendeurs de livres qui devraient faire le bonheur des libraires et des émissions télé.