Harold Pinter est mort

Nadia Daam

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L'année dernière, ce prix d'un montant de 10 millions de couronnes (environ 1,1 million d'euros) avait été attribué au dramaturge britannique Harold Pinter.
L'année dernière, ce prix d'un montant de 10 millions de couronnes (environ 1,1 million d'euros) avait été attribué au dramaturge britannique Harold Pinter. — Martyun Hayhow AFP/Archives
L'écrivain et dramaturge britannique Harold Pinter, prix Nobel de littérature en 2005, est décédé à l'âge de 78 ans, a annoncé jeudi son épouse Antonia Fraser.

Auteur de trente pièces, Pinter était une figure incontournable du theâtre de la deuxième moitié du XXe siècle, mais aussi l’un de ses auteurs les plus controversés. Liberté de langage, tautologies contradictions en ont malgré tout fait un maître du théâtre de l’absurde et de l’irrationnel, à l’image de Samuel Beckett dont il est d’ailleurs devenu ami.

Mais il met aussi de sa vie personnelle dans ses oeuvres comme dans «Betrayal» (Trahison, ndlr), réputée pour ressembler à ses relations avec les femmes.

Un engagement politique fort

Pinter s’est aussi illustré par un engagement politique fort, qui s’est encore affirmé lors d’un voyage en Turquie en compagnie du dramaturge Arthur Miller. Il est alors de tous les combats:  il critique ouvertement l’Otan, prend position contre l’embargo américain sur Cuba, contre Pinochet, et s’oppose à l’entrée des troupes américaines en Afghanistan. En 2005, il est celui par qui le scandale arrive en lisant publiquement des écrits qui s’en prennent à Tony Blair.

Dans son dernier recueil, intitulé «La Guerre», Pinter dénonce les horreurs du conflit irakien. En 2005, il annonce qu’il n’écrira plus afin de se consacrer à la politique. En décembre, ne pouvant se rendre à la remise de son prix Nobel de littérature, il enregistre une déclaration dans laquelle il exprime, encore, ses dégoûts et son indignation face à l’oppression des peuples.