Hélène Grimaud nommée aux Victoires de la musique classique 2009

MUSIQUE Portrait d'une star du piano...

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La pianiste francaise Hélène Grimaud sur le plateau d'une émission télévisée pour la promotion de son dernier album, dédié au compositeur Jean-Sebastien Bach ("Bach - Die Deutsche Kammerphil" édité par Deutsche Gramophon), en octobre 2008.
La pianiste francaise Hélène Grimaud sur le plateau d'une émission télévisée pour la promotion de son dernier album, dédié au compositeur Jean-Sebastien Bach ("Bach - Die Deutsche Kammerphil" édité par Deutsche Gramophon), en octobre 2008. — OGRETMEN / SIPA

Elle joue Bach comme personne. A la rigueur métrique des œuvres du compositeur allemand, elle donne un son «rond». Hélène Grimaud, vraie star du piano, vient d’être nommée pour les Victoires de la musique classique 2009, décernées le 8 février prochain. Dans la catégorie «soliste instrumental de l'année», elle devra rivaliser avec les pianistes Pierre-Laurent Aimard et David Fray.

A 39 ans, Hélène Grimaud bénéficie d’une notoriété peu ordinaire dans le monde de la musique classique. Son intérêt pour les loups et sa beauté à couper le souffle ne suffisent à l’expliquer. Premier disque à 15 ans, albums vendus à des millions d’exemplaires, concerts à guichets fermés. Elle n’a jamais craint de s’attaquer aux compositeurs réputés «techniques», comme Liszt, Rachmaninov et... Bach. «C'est un compositeur qu’on idéalise, qui fait peur dans la mesure où on a peur de mal faire, confie-t-elle dans cette vidéo. On veut être à sa hauteur, c’est-à-dire parfait, or ce n’est pas faisable. La seule manière de rendre hommage à sa musique est de la jouer».
 





Belle, exilée et obsessionnelle


Française qui, dit-elle, ne s’est «jamais sentie bien dans ce pays», elle a émigré aux Etats-Unis pendant plus de dix ans, avant de revenir en Europe, jonglant entre l’Allemagne et la Suisse. «Aujourd’hui, c’est la musique qui est ma terre d’attache, dit-elle, interviewée par Arte. Et chaque fois que je viens en Allemagne, je me dis: il y a quelque chose ici qui me parle.» Lorsqu’Hélène Grimaud vivait aux Etats-Unis, elle avait, en parlant le français, un accent américain. Maintenant, elle le parle avec un accent qui ressemble à celui de Karl Lagerfeld.
 
Obsessionnelle qui l’assume, elle change de coiffure à presque chacune des couvertures de ses disques et a, de plus, la sagesse de peser chacun de ses mots.
 
Qu’est-ce qui cloche chez Hélène Grimaud alors? On a beau chercher, on ne voit pas trop. Reste sa «fragilité» qui n’en fait pas une marathonienne des concerts. Cette semaine, souffrant d'une bronchite, elle a reporté au 9 juin le récital qu'elle devait donner mercredi soir au Théâtre des Champs-Elysées à Paris. Elle a aussi annulé deux récitals à Bordeaux (dimanche) et Toulouse (lundi). Il y a trois ans, des soucis de santé, dont on ignore la teneur, l'avait aussi contrainte à plusieurs annulations.