Le site Paroles.net vidé de son contenu

CULTURE Une histoire qui rappelle celle de Radio.blog.club?

Alice Antheaume

— 

Dans la cour d'honneur du Palais Royal à Paris, pleine à craquer, le chanteur d'origine napolitaine, Mauro Gioia, a offert une relecture très enlevée des airs de Nino Rota, compositeur fétiche de Fellini. Il a été accompagnée par la chanteuse des Rita Mitsouko, Catherine Ringer, ovationnée par le public.
Dans la cour d'honneur du Palais Royal à Paris, pleine à craquer, le chanteur d'origine napolitaine, Mauro Gioia, a offert une relecture très enlevée des airs de Nino Rota, compositeur fétiche de Fellini. Il a été accompagnée par la chanteuse des Rita Mitsouko, Catherine Ringer, ovationnée par le public. — Pierre Verdy AFP

Paroles.net, un site à l’interface certes ringarde, mais qui recensait les paroles de chansons francophones, vient de fermer. Il contenait les paroles de plus de 30.000 titres, dont ceux de Serge Gainsbourg, Doc Gyneco, Francis Cabrel, Julie Zenatti ou Rita Mitsouko.
 
Sur la page d’accueil de Paroles.net, la plupart des rubriques ne sont plus accessibles. Un bandeau prévient que sont suspendus non seulement «l’accès aux paroles de chansons depuis le 28/10/2008», mais aussi «l'utilisation des titres de chansons et noms des artistes depuis le 18/12/2008».
 
A l’origine de cette suspension, la CSDEM (Chambre syndicale des éditeurs de musique) a fait valoir le code de la propriété intellectuelle français. «Toute édition d’écrits, de composition musicale (...) imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un délit», précise ce code.

Injonction

Une contrefaçon passible de 300.000 euros d'amende et jusqu’à trois ans de prison. D’autant que Paroles.net monétisait ce contenu en diffusant des bannières publicitaires et en vendant des sonneries de téléphones portables, sans verser de pourcentage aux auteurs et compositeurs.

Une histoire qui rappelle celle de Radio.blog.club, fermé après que la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a fait valoir le paiement des droits d’auteurs sur ce site d’écoute de musique en ligne alors très prisé. La fermeture avait fait hurler les internautes qui y voyaient la fin du «Web ouvert».

Offre illlicite, non, offre autorisée, oui


«On ne fait pas cela pour embêter les gens, explique la CSDEM, interrogée par 20minutes.fr. Depuis quelques années, plusieurs éditeurs ont demandé au responsable de paroles.net - et ce, à maintes reprises depuis l'ouverture du site - de bien vouloir cesser ces agissements illicites, sans résultat. C'est dans ces conditions que 27 éditeurs et la Chambre Syndicale de l’Edition Musicale ont été contraints de saisir les juridictions compétentes pour faire assurer la défense de leurs droits et de ceux des créateurs des œuvres reproduites sur le site www.paroles.net. Les juges ont fait droit à leur demande et les décisions de justice rendues sont en cours d’exécution.»

Plus de paroles en ligne alors? A cette question, la CSDEM et ses membres répondent que, «loin d'être opposés à l'exploitation des titres et des paroles des chansons, ils sont à la disposition de ceux qui entendent les exploiter, en toute légalité, c'est-à-dire avec l'autorisation préalable des éditeurs et paiement des redevances de droits d'auteur.»