«Footballeur, pompier, vétérinaire ou institutrice sont les métiers auxquels les enfants aspirent le plus»

INTERVIEW Dorothée Charles, commissaire de l'exposition «Quand je serai grand(e), je serai», à découvrir à partir de jeudi au musée des Arts Décoratifs...

Propos recueillis par Sandrine Cochard

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Superhéros, infirmière, maîtresse ou conducteur de train… L’enfance est la période des rêves et des possibles. Le musée des Arts Décoratifs a interrogé 604 enfants, âgés de 5 à 12 ans, sur la profession qu’ils aimeraient exercer «plus tard» puis a monté une exposition avec des jouets pour illustrer leurs réponses. Interview de Dorothée Charles, commissaire de l’exposition «Quand je serai grand(e), je serai», à découvrir à partir de jeudi.

Un peu plus de 600 enfants ont été interrogés. Quelle a été la réponse la plus souvent donnée?
Les professions de footballeur, de pompier, d’égyptologue ou encore de pilote restent des valeurs sûres pour les garçons tandis que les filles citent davantage les professions d’institutrice, de vétérinaire ou encore de mère au foyer. Les différentes réponses des enfants nous ont permis de relever cinq familles de métiers: «le héros», «l’attrait du cheval», «panoplies et déguisement», «les jeux vidéos» et «jouets de garçon, jeux de fille».

Le sexe influence-t-il nos choix?

Il semble que oui car les réponses sont différentes. Selon le psychiatre Patrice Huerre, avec qui nous avons monté cette exposition, les enfants affirment leur sexualité à cette période. Ils se dirigeront donc vers des métiers et des jouets considérés comme masculins ou féminins. L’âge a également influencé les réponses: les «petits» de moins de six ans n’ont pas acquis la notion de métier, ils peuvent affirmer par exemple «quand je serai grand(e), je serai une sirène ou Peter Pan». A partir de six ans, les enfants intègrent la notion de métier et leur réponse est plus ciblée. En revanche, la notion d’argent est peu courante à cet âge, ce n’est pas ce qui les motive.

Quelles évolutions avez-vous notées?
Les enfants distinguent le travail du métier. Ils affirment aujourd’hui qu’ils feront des études pour «faire un travail» et non pas pour embrasser une profession. L’univers du cheval a également évolué. Au début du siècle, il était considéré comme masculin parce qu’associé à l’agriculture et à l’image de l’homme qui nourrit sa famille. A partir des années 1980, il se féminise: il devient un animal que les petites filles soignent ou dont elles prennent soin. Une tendance que l’on observe toujours via certains jeux vidéos. Le cheval reste une icône qui fascine filles et garçons car il renvoie au cheval à bascule utilisé dans la prime enfance. Par ailleurs, certains métiers, typiques des rues de Paris, ont totalement disparu, comme le laitier, le porteur d’eau ou encore le rémouleur.

DEBAT – Enfant, quel métier souhaitiez-vous exercer plus tard?