La Douleur incarnée

- ©2008 20 minutes

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« On ne me demande pas comment ça va. On ne me dit pas de nouvelle. Aucune nouvelle. » Marguerite Duras a attendu des mois le retour hypothétique de son mari après la libération des camps de concentration durant la Seconde Guerre. De ses notes prises à l'époque des faits, elle en a tiré un récit, La douleur (Gallimard, 1993), joué sur scène aujourd'hui par Dominique Blanc. La performance de l'actrice mérite tous les éloges. Cette parole saisissante, non dénuée d'humour, ni de suspens, elle la porte avec une justesse admirable au point de faire résonner, jusque dans ses silences et ses soupirs, et presque physiquement, l'écriture incandescente de Duras. La mise en scène de Patrice Chéreau et de Thierry Thieû Niang conserve aussi la simplicité minimale de la lecture : une table, des chaises, quelques accessoires... pour mettre en valeur et faire ressentir une « douleur » réellement palpable.

S. L.