La cuisine révise ses classiques

Stéphane Leblanc - ©2008 20 minutes

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Il faut avoir de l'humour et du culot pour vouloir à tout prix démocratiser une gastronomie qui aurait pu finir au musée, encroûtée. Depuis huit ans, le Fooding nous régale de ses rendez-vous incongrus, et à prix doux, dans les cuisines de chefs étoilés ou dans des salles habituellement inaccessibles pour le commun des gourmets. Pour faire taire les perfides qui considèrent que la culture du goût n'est pas leur fort, ces jeunes gens modernes ont installé une « Petite galerie de l'évolution culinaire » dans la chapelle de la Manufacture des Gobelins (Paris 13e). Chaque soir, le chef d'un restaurant « historique » (Taillevent, la Tour d'Argent, Lasserre, etc.) présentera l'histoire d'une spécialité et son évolution au cours d'un exposé suivi d'une dégustation (10 euros, sans réservation).

Certains de ces établissements font coup double, en organisant des dîners au champagne dans leurs cuisines (de 70 euros à 100 euros par personne, sur réservation). Plus modernes, six adresses parmi les plus prisées de la capitale (notamment le très inaccessible Comptoir du relais, d'Yves Camdeborde) permettront chaque soir à un couple de chanceux de se retrouver là, sans passer par l'épreuve de la réservation six mois à l'avance (un menu payant, l'autre offert, réservation le matin même).

Il aurait inspiré Anton Ego dans le film Ratatouille : François Simon, critique à la plume affûtée, fera goûter son poulet au beurre salé à une poignée de convives (réservations la veille à partir de 10 h). Enfin, l'excitation monte dans les salons de Lapérouse : on y annonce des apéros fripons, des performances érotico-arty et des dégustations de cognac en société secrète (gratuit, sur mot de passe à découvrir chaque jour sur le site www.lefooding.com)