La tendance rock est très Net

Benjamin Chapon - ©2008 20 minutes

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Tout ce que la planète compte de groupes hypes sera en France jusqu'au 18 novembre. Du rock post-psyché de MGMT, à la pop en clair-obscur de Get Well Soon en passant par disco-rock explosif des Ting Tings... Ce tour de force a été rendu possible par la maîtrise de JD Beauvallet, directeur adjoint des Inrockuptibles et programmateur du festival. « A part pour Franz Ferdinand, invité de dernière minute, j'ai bouclé la programmation en janvier. Tout le monde me disait que ce serait une édition catastrophique. Résul­tat, mes découvertes sont devenues des têtes d'affiche. »

Mais le buzz autour de Late of the Pier, Yo Majesty ou Fleet Foxes est en grande partie dû à un lobbying intense... des Inrockuptibles. « Pas seulement, se défend JD Beauvallet. Si on faisait jouer des coups montés, le public les repérerait et ils se feraient jeter. La presse musicale ne fait qu'accompagner des mouvements, mais dans le fond, elle est vouée à disparaître. Les dinosaures sont en phase de décomposition. » Le journaliste prophétise l'avènement de blogueurs polarisateurs de tendances et la disparition des intermédiaires entre artistes et public. « Des blogs comme Pitchfork ou My old kentucky, ont déjà énormément de pouvoir. Par contre, les majors vont disparaître. Les groupes n'ont plus besoin d'elles pour exister. Si l'industrie du disque veut subsister, elle va devoir trouver de nouveaux moyens de générer des revenus sur le dos de la musique. Je ne suis pas très optimiste pour elle. »