Miriam Makeba, l'interprète de «Pata Pata», est morte

CULTURE L'artiste sud-africaine est un symbole de la lutte anti-apartheid. Elle est décédée à Naples...

Avec agence

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 South African diva Miriam Makeba performs at the 7th Cape Town International Jazz festival April 1, 2006. Makeba has announced that she intends to retire from live performance after a five-decade musical career. Her appearance forms part of her "Grand Finale Tour".   REUTERS/Mike Hutchings
 South African diva Miriam Makeba performs at the 7th Cape Town International Jazz festival April 1, 2006. Makeba has announced that she intends to retire from live performance after a five-decade musical career. Her appearance forms part of her "Grand Finale Tour".   REUTERS/Mike Hutchings — REUTERS/Mike Hutchings

Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais vous connaissez sa voix. Miriam Makeba, l’interprète de «Pata pata» est morte dans la nuit de dimanche à lundi près de Naples, en Italie.

Le Camerounais Manu Dibango, l'un des pères de la musique africaine moderne, a lui rendu hommage lundi, évoquant «la première diva africaine». «Elle a eu un parcours extraordinaire, depuis les townships jusqu'aux Etats-Unis et son mariage avec Hugh Masekela (trompettiste et musicien de jazz sud-africain très réputé, ndlr)», a-t-il déclaré à l'AFP, exprimant «la tristesse de voir quelqu'un qui s'en va et la joie pour le parcours qu'elle a eu».



Miriam Makeba - Pata Pata
envoyé par Discodandan

Voix légendaire du continent africain et devenue un des symboles de la lutte anti-apartheid, l'artiste sud-africaine née à Johannesburg le 4 mars 1932 attire l'attention internationale en tant que chanteuse du groupe sud-africain the Manhattan Brothers, lors d'une tournée aux Etats-Unis en 1959.

Sommets de la gloire

L'année suivante, alors qu'elle veut revenir dans son pays pour assister à l'enterrement de sa mère, l'Etat sud-africain la déchoit de sa nationalité et condamne peu après sa musique. A la suite de ce bannissement, elle vit 31 ans en exil, aux Etats-Unis et en Guinée. Elle est la première femme noire à se voir décerner un Grammy Award qu'elle partage avec le chanteur américain Harry Belafonte en 1965. Deux ans plus tard, elle connaît les sommets de la gloire avec l'enregistrement de son tube indémodable «Pata Pata» inspirée d'une danse dans un township.

En 1985, elle connaît un passage à vide lorsque sa fille, Bongi, meurt à l'âge de 36 ans. Miriam Makeba, qui n'a pas d'argent pour payer son enterrement, l'enterre toute seule, empêchant les journalistes de couvrir l'événement.

Dans les années 1990, elle revient dans son pays après la sortie de prison de Nelson Mandela, mais dû attendre six ans avant de pouvoir enregistrer un nouveau disque. Elle sort alors «Homeland», un album qui contient une chanson décrivant sa joie d'être revenue dans son pays et dans lequel elle évoque l'apartheid. «J'ai conservé ma culture, j'ai conservé la musique de mes racines. Grâce à elle, je suis devenue cette voix et cette image de l'Afrique et de son peuple sans même en être consciente», écrivait-elle dans sa biographie.



Myriam Makeba au Fespam
envoyé par afropeen