Melpo Mene : «Comme la culture française, ma musique est sensuelle et féminine»

MUSIQUE Vous l'avez élu, nous l'avons interviewé, Erik Mattiasson, tête pensante de Melpo Mene, revient sur sa jeune carrière...

Propos recueillis par Boris Bastide

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Erik Mattiasson, tête pensante de Melpo Mene.
Erik Mattiasson, tête pensante de Melpo Mene. — DR

Vous l'avez élu devant Pacific! et Envelopes, nous l'avons interviewé par mail.  Le Suédois Erik Mattiasson, tête pensante de Melpo Mene, revient sur sa jeune carrière et son magnifique album de pop, «Bring the Lions Out», sorti cet été...


Un petit mot pour les internautes qui ont voté pour toi?

Je leur dit : «Merci et bisou». Et surtout n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ma musique par mail (erik@melpomene.se). Je suis heureux de discuter avec les gens.


Qui est Melpo Mene?

Dans la mythologie grecque, c'est la muse de la musique et de la tragédie. C'est aussi mon nom d'artiste. Pour moi, Melpo Mene est un nom plus excitant que le mien.

Comment définirais-tu votre musique?

C'est une musique pop un peu trop intime pour être grand public. Quand j'écris mes textes, je veux simplement d'éviter d'entrer dans des sujets un peu trop concrets qui tendraient à limiter les choses. Les émotions sont plus fortes quand on ne les comprend pas.


Comment as-tu commencé la musique?

La première fois que j'ai vu un instrument de ma vie, c'était le coup de foudre. Il te permet d'amplifier ce que tu as au fond de toi. Mieux que le sport, les gens, l'eau, les femmes, les enfants, les avions, les animaux, la religion. Puis j'ai commencé à composer du punk quand j'étais un petit morveux qui faisait du skate et portait des tee-shirts de Nirvana.


Qu'as-tu appris avec l'album «Holes» en 2004?


J'avais écrit certains des titres à l'âge de 14 ans, alors pour moi c'est un disque un peu jeune et fragile. A l'adolescence, tu as des idées assez arrêtées sur les choses et tu essaies juste de te faire comprendre. Il vaut mieux lâcher un peu de contrôle.


Melpo Mene - I adore you
envoyé par spleendid


Dans quel état d'esprit étaits-tu pour composer «Bring the Lions Out»?

Je n'allais pas bien. Je pensais au suicide à longueur de journée. Tout semble si chaotique, il me fallait de mettre un peu d'ordre dans tout ça. Le titre de l'album «Bring the Lions Out» va dans ce sens. C'est ma manière de dire qu'un changement ne peut se faire que de manière violente. Aujourd'hui, je suis plus heureux et la musique que je compose est plus libre et bien plus belle.


Si tes textes sont plutôt sombres, la musique, elle, est plus enjouée. C'est un contraste qui t'intéresse?

Tout est dans le contraste. L'excitation, la séduction et l'art ne peuvent naître que quand les choses ont au moins deux dimensions. Je veux composer des choses tristes de manière joyeuses et vice-versa. Je me souviens d'une douce ballade de Belle & Sebastian où était employé le mot «fuck». C'était quelque chose de bien plus fort que d'entendre le même vocable dans une chanson de rap.


Quand conseilles-tu d'écouter «Bring the Lions out»?

N'importe quel moment me va. Après j'aurai quatre suggestions à faire : quand on a besoin de réconfort, quand on marche dans la rue avec ses écouteurs et qu'on veut se sentir mieux que les autres passants, quand on est ado et qu'on rêve de la liberté de la vie d'adulte et quand on prépare un dîner et qu'on veut créer une atmosphère un peu plus culturelle...


Tu as fait quelques concerts en France...

Les Français aiment que je ne sois pas un de ces types un peu tristes qui jouent la même chanson à l'infini avec sa guitare. Je crois que comme la culture française, ma musique a une dimension très sensuelle et féminine. Ma sœur vit en France. Je m'y sens presque comme chez moi.


Melpo Mene - Hello Benjamin
envoyé par spleendid


Ton meilleur souvenir avec Melpo Mene?

Créer me mets dans des états pas possibles. Je me souviens que quand j'ai apporté les notes finales à la chanson «Jedi», j'avais les yeux tout embués. Sinon, pendant un bref instant d'un de mes concerts à Paris, j'ai eu envie de faire l'amour à tout le public. Je me sentais si bien.