«On a été à une école du live»

MUSIQUE Les Housse de Racket reviennent sur la genèse de leur premier album...

Recueilli par Nicolas Coisplet

— 

Pierre et Victor, guitariste et batteur de Housse de Racket.
Pierre et Victor, guitariste et batteur de Housse de Racket. — Photo Romain Chassaing

Avec «Forty Love», leur premier album produit par Renaud Létang, les Housse de Racket présentent onze titres électro-pop virevoltants, alternant riffs percutants et nappes de synthé vintage, le tout sur fond de mélodies «eighties». Musiciens accomplis, Victor, le batteur, et Pierre, le guitariste, ont fait le pari du concept-album chanté en français. Interview.

Comment est né Housse de Racket ?

Victor: On a commencé à jouer du funk ensemble il y a dix ans. Et puis il y eu l’explosion de la «French Touch» avec Daft Punk, Cassus et Air. En voyant le succès d'autres groupes, qui empruntaient parfois un peu trop au funk, on s’est dit qu’on allait racketter la house. D’où Housse de Racket.

La référence au tennis, c’est une blague…

Victor: Tout est parti du jeu de mots pour trouver le nom du groupe. On a décidé de se donner l’univers du tennis comme cadre du premier album, mais ça aurait pu être autre chose. Au début, le côté tennis était très fort chez Housse de Racket. Très tôt, on a cherché à avoir une image impactante. Maintenant, on essaie de calmer le jeu.

Votre premier album, «Forty Love», raconte une histoire…

Victor: Le pitch, c’est «winner» côté court et «loser» côté cœur. C’est l’histoire de deux tennismans. L’un d’eux tombe amoureux d’une jeune journaliste qui s’appelle Gwendoline, et il réalise qu’il a beau être une superstar du tennis, il ne peut pas avoir toutes les femmes à ses pieds. Donc il va se mettre au rock’n roll et au synthétiseur, un univers qu’il trouve plus glamour que le tennis.

Proposer un concept-album, c’est un pari?

Victor: Pour nous, c’était important de donner une ligne directrice à notre album, un environnement intégral. Mais dans les faits, il n’est pas si narratif que ça. On a cherché à raconter l’histoire autant par la musique que par les textes.

Pierre: On aime le côté narratif, le côté BO d’un film qui n’existe pas. Les premiers morceaux qu’on a composés étaient des musiques un peu planantes avec une voix off qui racontait des conneries. Le but, c’était de se marrer, mais on toujours été fans du «Ziggy Stardust» de Bowie, de «L’Homme à la tête de chou» de Gainsbourg et des albums de Daft Punk beaucoup plus tard.

Le son Housse de Racket, c’est quoi ?

Pierre: On est à un confluent de plein de tendances. On n’est pas dans la mouvance du baby-rock, parce qu’on n’a plus l’âge, on a forcément été bousculé par Justice, et puis il y a toutes nos influences plus anciennes : Bowie, les Beatles, toute la musique black, la Motown, Michael Jackson.

Pourquoi avoir travaillé trois ans avant de sortir votre premier album?

Victor: On a commencé en 2005 à faire nos premiers concerts et à travailler sur cet album, mais tout s’est accéléré depuis un an et notre collaboration avec Renaud Létang. On a pas mal tourné dans les clubs, on est dans le réseau des maisons de disques depuis un moment, mais si on sort l’album maintenant, c’est parce qu’on est prêts.

Que vous ont apporté Gonzales et Renaud Létang?

Victor:
Gonzales a écouté nos démos alors qu’elles étaient bien avancées. Je pense que lui aurait aimé plus s’impliquer dans la réalisation ou les arrangements. Mais notre projet était déjà très abouti. Ils est intervenu sur un morceau comme «Champions», il nous a apporté des conseils de structure, et il nous a fait un super remix d’«Oh Yeah!».

Pierre: Il nous a aussi présenté Renaud Létang, que tout le monde s’arrache. Si Renaud a bossé avec nous, c’est qu’il a aimé la musique. On est maintenant diffusé sur pleins de radios. Il a professionnalisé notre travail.


"Oh yeah" - Housse de racket
envoyé par solab_02

Votre single «Oh Yeah !» a été rétenu comme jingle météo de Canal et pour une pub Lacoste. C’est une fierté?

Pierre: C’est une réalité de la musique aujourd’hui. La pub va puiser dans le milieu indépendant, et pour nous, c’est une manière de diffuser notre musique.

Un concert des Housse de Racket, ça ressemble à quoi?

Pierre: On a été à une école du live. Pas question de faire le minimum. On a joué avec des gens comme Pheonix, les Teenagers, Brigitte Fontaine. On a beaucoup appris avec eux. Et l’objectif du concept-album, c’était aussi de faire du concert un vrai show, pour qu’il se passe vraiment quelque chose sur scène.

Concerts à la Boule Noire à Paris le 29 octobre, à Londres le 21 novembre, à la Cigale le 31 mars 2009. Tournée en province en février.