Sia, un tour de Net et puis décolle

MUSIQUE La musique de «Six Feet Under», c'est elle. L'une des vidéos musicales les plus regardées de l'histoire de Youtube, c'est elle aussi. Portrait d'une chanteuse désarçonnante...

Alice Antheaume

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 La chanteuse Sia
 La chanteuse Sia — DR
La musique finale de la série «Six Feet Under» («Breathe me»), c’est elle. L’une des vidéos musicales qui a le plus buzzé sur Youtube («Buttons»), engrangeant des réponses à la chaîne, c’est elle aussi. Sia, ex-chanteuse du groupe Zero 7, est Australienne, vit à New York avec ses deux chiens et trace désormais sa route musicale en solo. Elle ne pourra pas voter aux élections présidentielles mais espère, «vraiment très fort», qu'Obama sera élu. Rencontre, à Paris, avec une fille désarçonnante.
 
Dans sa chambre d’hôtel, c’est le capharnaüm. Sac à main retourné, dollars étalés sur le sol, valise qui déborde: Sia a 33 ans et ne s’inquiète pas de l’image que cela renvoie. Et, après avoir demandé où l’on souhaitait s’asseoir, s’allonge sur le divan. Sans s’inquiéter non plus de la référence au cabinet psy.

Connectée
 
Le seul qui trône sans encombre sur son lit, c’est son ordinateur, un Mac tout noir. «J’ai choisi cet hôtel parce qu’il y avait une connexion Internet», sourit-elle. Quand on lui demande si elle pense qu’elle aurait pu percer sans le Net, elle répond sans tortiller: «non, impossible!». Citée par le fameux blogueur américain Perez Hilton, elle se faisait, avant cela, un honneur de répondre à chacun des messages qu’elle recevait de fans. Et continue, même une fois la notoriété acquise, de le faire. «Mon manager dit que c’est la base, d’entretenir les liens avec sa base... Comme si je ne le savais pas!»

Grosse consommatrice d’infos sur le Net, de potins, de mails, elle regrette parfois de passer «trop de temps sur la toile»: «Je me suis tuée déjà trois fois sur Facebook, mais j’y reviens toujours...»





Dézinguée
 
Sous sa frange platine, des yeux bleu glacier perçants et une mâchoire plutôt carrée. Il n’y a que lorsqu’elle se met à rire - et c’est souvent - que son visage s’arrondit. C’est là qu’on entend un son quasi sardonique sortir de sa bouche. Cette voix, grave et pétillante à la fois, a fait le succès de sa musique. Et sa dose de gentille folie ne retire rien. Surtout quand on la voit, sur un plateau télé, en costume fluorescent.

 

Cooptée

Dans l’entourage de Sia, c’est toute une panoplie de people qui défile. Son ex-colocataire? Fabrizio Moretti, le batteur des Strokes. L’une de ses copines? Kirsten Dunst. «On ne sort pas tous les soirs ensemble, modère la chanteuse. Mais on a la même obsession pour les boutons sur nos visages, cela rapproche! Toutes les deux, on voudrait d’ailleurs créer une fondation pour venir en aide aux jeunes filles confrontées aux problèmes de drogue».

Un hasard, alors, cette chanson appelée «the girl you lost to cocaïne»? «Ce n’est pas autobiographique, rit Sia. Mais l’addiction, sous toutes ses formes, me fascine.» Et d’ajouter: «Je me drogue aux gens, plus particulièrement à ceux qui ne sont pas bons pour moi. Pour ma part, j’ai toujours peur de devenir alcoolique.»

Question problème, Sia est une rescapée: elle a perdu son amoureux dans un accident de la route alors qu’elle était en tournée. «Si l’on a appelé le dernier album “Some people have real problems” (qui sort en France le 2 février 2009), c’est parce que, quand on enregistrait, on pestait contre le café, comme si c’était important dans la vie! Alors pour ne pas perdre pied avec la réalité, on se rappelait qu’il y avait des gens amputés, ou qui meurent de faim dans le monde.»
Concerts: en mars 2009 à Paris. Toutes les dates sont sur sa page Myspace.