Insoumission et scandale permanent

O. G. - ©2008 20 minutes

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Bousculer les Français, voilà la marque de fabrique de Gainsbourg. Avec ses chansons, toujours plus révolutionnaires, modernes et politiquement incorrectes. Avec ses films, où le leitmotiv n'est autre que la transgression sexuelle. Mais Gainsbourg avait surtout compris que pour toucher les gens, il n'y avait rien de mieux qu'une grosse provocation sur le petit écran. Son geste qui a le plus marqué l'histoire de la télé, c'est certainement ce billet de 500 francs brûlé sur le plateau de l'émission « 7 sur 7 », en 1984. Raison de son coup de gueule ? Le « racket des impôts », selon les mots de celui qui, « taxé à 74 % », veut montrer comment son argent part en fumée.

Plus drôle, cet aveu abrupt et déplacé chez Michel Drucker, un poil embarrassé : assis à côté de la star Whitney Houston, notre Gainsbarre national avoue : « I want to fuck her. » En clair : « Je veux la baiser. » Changement de ton dans « Mon Zénith à moi », où l'on découvre un Gainsbourg en nouveau défenseur de la bienséance. L'homme, plutôt porté sur la chose, traite en direct la chanteuse des Rita Mitsouko, Catherine Ringer, de « salope » et de « putain », pour avoir tourné dans quelques pornos.

Mais si l'insolence de Gainsbarre a laissé des traces, le grand Serge a aussi su marquer les esprits par ses gestes courageux. En janvier 1980, Gainsbourg secoue la France entière avec sa Marseillaise reggae, lançant du même coup une polémique sans précédent. A Strasbourg, son concert est annulé. Qu'à cela ne tienne, le chanteur demande à ses musiciens rastas de ne pas jouer pour leur éviter les ennuis, monte seul en scène et chante a cappella l'hymne national. Il alternait provocations gratuites et controverses nécessaires... depuis sa disparition en 1991, la France n'a pas retrouvé de trouble-fête aussi imprévisible.