Wallen monte d'un ton

Benjamin Chapon - ©2008 20 minutes

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Quatre ans que les fans attendaient son troisième album, Miséricorde. Quatre ans, une éternité dans le monde du R'n'B français, où les starlettes succèdent aux étoiles filantes. Malgré cette absence prolongée, Wallen règne sans partage sur un genre musical qu'elle a largement participé à inventer. La jeune chanteuse de Seine-Saint-Denis a donné ses lettres de noblesse au R'n'B à la française avec son premier album, A Force de Vivre, sorti en 2002. Wallen, surnommé « la Reine », fait un retour fracassant et « reprend son trône », selon les termes du rappeur Matteo Falcone, invité sur le titre Dites au désespoir.

« J'ai pris le risque de n'être que moi », y chante Wallen. Les meilleurs titres de l'album, d'Entre les blocs de ciment à Cia Pantin (avec son mari Abd Al Malik), sont autobiographiques. Dans tous les cas et sur tous les registres, la chanteuse, qui compose paroles et musique, emporte invariablement le morceau avec des textes qui brisent les clichés à coups d'élans poétiques audacieux. La griffe de Wallen, une écriture tranchante et imagée à la fois, est toujours acérée. Ceux qui la suivent depuis ses débuts verront dans cet album, riche d'atmosphères musicales variées, un virage hip-hop : plus sombre, plus dur et plus rythmé. Au milieu de chansons qui empruntent aux productions américaines certains de ses canons balourds, Wallen sait toujours surprendre par des fulgurances de musicalité.