Dans les entrailles d’Helena Noguerra

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« J’ai peur que la sortie de l’album éclipse un peu le livre », confie Helena Noguerra, 35 ans, en entrant dans le Café Saint-Jean, son QG des Abbesses (Paris 18e). « J’aime bien m’asseoir dans un coin et regarder les gens. Je m’imagine à quoi ressemble leur vie, ce qu’ils pensent. C’est comme si je devenais la personne. » Ce penchant pour l’empathie l’aide sans doute à entrer dans la peau de personnages complexes quand elle écrit. Ainsi, son roman Et je me suis mise à table (Denoël) est construit « comme une poupée russe : c’est l’histoire d’une fille enfermée dans un hôpital psychiatrique avec sa mère, qu’elle a dévorée, dans ses entrailles. Je m’aperçois qu’au fond, c’est de la solitude dont j’ai voulu parler. » Rien d’autobiographique, même si elle reconnaît avoir elle aussi souffert d’être enfermée dans une image de soeur de Lio, compagne de Philippe Katerine, et starlette de M6 : « Je me dis que les journalistes finiront bien par se lasser. Je suis philosophe, le temps est mon ami : avec les rides et la destruction de mon apparence, que je n’ai pas du tout l’intention de modifier avec la chirurgie esthétique, je finirai bien par être prise au sérieux. » Mais elle continue de payer cher cette notoriété : les projets de documentaires qu’elle propose ici et là sont refusés. A cause de son nom. En attendant d’adapter elle-même son livre au cinéma, elle signe les paroles tendres et lucides de son disque, Née dans la nature, qui sortira le 30 mars. Les musiques sont de Philippe Katerine. Un nom qui fait rosir les joues d’Helena et illumine un peu plus son regard. Karine Papillaud

livre Et je me suis mise à table n’est pas un livre facile. Le traitement de l’enfermement rappelle les ambiances noires et autistiques des premiers livres de Claire Castillon. Heureusement, il y a l’ingénuité et la pureté de l’héroïne... Helena Noguerra s e sort avec subtilité du thème difficile de la folie, et se fait connaître sous le jour d’un authentique écrivain en devenir.