Visa pour l'image: 20 ans, c'est peut-être l'âge ingrat

FESTIVAL Pour ce vingtième anniversaire, il y a peu de surprises ou de découvertes...

Philippe Bréson, à Perpignan

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 An old local perfume(Ator)seller came for a hangout with the butcher at the meatshop at koshaituli Old Dhaka were laughing as the youngman was smitten by his appearance.  Dhaka, Bangladesh, 2006

© Munem Wasif / Agence Vu
 An old local perfume(Ator)seller came for a hangout with the butcher at the meatshop at koshaituli Old Dhaka were laughing as the youngman was smitten by his appearance.  Dhaka, Bangladesh, 2006 © Munem Wasif / Agence Vu — Munem Wasif / Agence Vu

 Inutile de revenir sur l’indigeste litanie des photos de massacres, famines et maladies incurables qui est devenue, au fil du temps, la marque de fabrique du festival de photojournalisme de Perpignan, Visa pour l’image.  

Des reportages souvent bavards

Pour ce vingtième anniversaire, il y a peu de surprises ou de découvertes, les projections sont convenues et les rétrospectives ennuyeuses. La grande fête du photojournalisme serait-elle victime de la mutation d’un genre? C’est la démarche d’auteur, le projet personnel qui est en train de prendre le pas sur la traditionnelle commande d’un journal ou d’un magazine. Les codes changent. En se libérant du formalisme que nécessitait la publication, le reportage se libère des contraintes de la parution. Plus brouillons, moins aboutis, souvent bavards, les sujets se cherchent, hésitent, et se perdent comme dans une crise d’adolescence tardive. Le choix des images et la construction des histoires manquent quelquefois de rigueur et de précision. Succombant à la mode du «no comment», les projections laissent une impression d’inachevé et de flottement desservant des séries d’images pourtant de haute qualité. Les expositions souffrent globalement d’une surabondance d’image et mériteraient de subir une sérieuse cure d’amaigrissement. Les travaux des photographes y gagneraient en rythme et en nervosité.

Munem Wasif, unique révélation

Certains tirent quand même leur épingle du jeu comme Paolo Pellegrin, tout en élégance et en retenue sur les réfugiés irakiens. Michael Nichols présente une étonnante série  sur les éléphants d’Afrique surpris à très courte distance en grand format couleur. Le Congo de Cédric Gerbehaye restera comme l’exposition la plus impressionnante, avec celle de Christian Poveda sur les gangs au Salvador. Unique révélation du festival, Munem Wasif, jeune photographe bangladeshi de 25 ans, cisèle un portrait émouvant de son pays natal tout en nuance et en sensibilité. Ce premier travail prometteur lui vaut l’attribution du Prix du jeune reporter de la ville de Perpignan et d’intégrer la prestigieuse Agence Vu’.