Les bonnes surprises de la rentrée

Karine Papillaud - ©2008 20 minutes

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La rentrée littéraire 2008 semble vouloir faire émerger les têtes d'affiche des années à venir. Certes, il y a toujours les écrivains stars, ceux qui feront les meilleures ventes, comme Amélie Nothomb, Jean-Paul Dubois, Elie Wiesel, Nina Bouraoui ou Bernard Werber. Et ceux qui feront les joies des plateaux télé, comme Catherine Millet qui, après sa vie sexuelle, traite de la jalousie dans Jour de souffrance (Flammarion), ou Christine Angot, qui dévoile sa relation avec Doc Gynéco dans Le Marché des amants (Seuil). On parle aussi beaucoup du dernier livre d'Olivier Poivre d'Arvor, écrit en solo, Le Voyage du fils (Grasset), d'Alice Ferney avec Paradis conjugal (Albin Michel) et de Chasseur de tigres d'Olivier Rolin (Seuil) comme d'évidents lauréats pour les prix de novembre. Mais l'essentiel de la rentrée n'est pas là. En réalité, les sorties importantes sont à chercher du côté d'auteurs comme Mathias Enard, avec son très abouti Zone (Actes Sud), ou Pierre Mérot, qui met en scène un personnage inspiré de Houellebecq dans Arkansas (Robert Laffont). Il faudra également compter sur Claire Castillon, qui revient au roman avec Dessous c'est l'enfer, l'un des fleurons de la maison Fayard. Du côté des premiers romans, c'est Tristan Garcia qui remporte la mise avec l'époustouflant La Meilleure Part des hommes (Gallimard), dont on va forcément beaucoup parler. S'il faut s'attendre à des rebondissements et des trouvailles dans cette rentrée qui fourmille de talents, un écrivain s'impose largement au-dessus de la mêlée : Régis Jauffret signe avec Lacrimosa (Gallimard) l'un des plus beaux romans de la saison.