Des frères de sons

Benjamin Chapon - ©2008 20 minutes

— 

« Par notre goût du métissage, on se sent très brésiliens. D'ailleurs on n'est pas tout à fait français, mais du Sud et d'origine italienne. » Les frères Belmondo, Lionel (saxophone soprano et flûte alto) et Stéphane (bugle), aiment frotter leur jazz aux légendes venues d'ailleurs. Après le flûtiste mythique Yusef Lateef, ils ont invité un monument de la chanson brésilienne, Milton Nascimento, pour un disque et une série de concerts, qui débutera vendredi au festival Jazz à Vienne. « C'est là qu'on a rencontré l'agent de Milton. On a discuté, on a envoyé nos disques au Brésil et ça s'est fait naturellement, racontent-ils avec détachement. On invite les gens qui nous touchent. Avec Johnny Hallyday, ça n'aurait sûrement pas marché... »

Le résultat est un bouleversant moment de poésie où la voix de colibri de Milton Nascimento dialogue avec un orchestre symphonique. Devant la douceur lyrique du maestro, la puissante machine à musique se fait toute petite, et laisse surgir d'anciennes compositions de Nascimento. « Les frères ont choisi les musiques, explique le chanteur brésilien. C'est la première fois que je laisse à quelqu'un la liberté de travailler à ma place sur ma musique. »

« On s'est servis dans le répertoire, confirment les Belmondo. Milton nous a confié qu'avec nous, il avait l'impression de chanter ces chansons pour la première fois. Sacré compliment, non ? »