Pourquoi ne peut-on pas parler de Coldplay?

MUSIQUE La maison de disques du groupe a fait signer un «accord de confidentialité»…

AA avec agence

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Le groupe Coldplay à Sydney, en 2006, avec Chris Martin en premier plan. Et s'ils plagient en plus la pose de U2 sur leurs pochettes d'album...
Le groupe Coldplay à Sydney, en 2006, avec Chris Martin en premier plan. Et s'ils plagient en plus la pose de U2 sur leurs pochettes d'album... — EPA / SIPA

Verrouillage tous azimuts. La maison de disques EMI, qui vient d’organiser à Paris des écoutes du nouvel album de Coldplay pour la presse française, a fait signer aux journalistes un «accord de confidentialité». En gros, interdit de parler du disque dans les colonnes des journaux et sur les sites de presse avant le 9 juin, soit une semaine avant la sortie du disque, prévue le 16 juin.

Le document, rédigé par la maison mère d'EMI à Londres, contient des clauses imposant au signataire de garder «confidentielles» les informations relatives à l'album «Viva la Vida», appelé «le Projet». Plus fort encore, il est stipulé qu’«EMI aura la possibilité de poursuivre l'autre en justice contre toute violation du présent contrat».

Coldplay, encore plus loin que Madonna
Lorsqu’est sorti le dernier album de Madonna, les journalistes n’ont pas pu obtenir un exemplaire du disque avant sa sortie, comme cela se pratique d’ordinaire. Pour l’écouter, ils devaient se rendre à une séance d’écoute collective chez Warner, la maison de disques de la chanteuse. Un dispositif déjà impressionnant.

Mais autour de Coldplay, dont le précédent album s'est vendu à 10 millions d'exemplaires dans le monde, la sécurité va plus loin: avant la séance d’écoute organisée dans les locaux de la maison de disques, les journalistes ont dû remettre leur téléphone portable à l'accueil, puis ont été fouillés par un employé anglais d'EMI à l'aide d'un détecteur de métaux. Histoire de s’assurer que les journalistes n’aient pas d’enregistreur en poche et balancent ensuite les mp3 récoltés sur le Net.

Confidentialité
Ce n’est pas la première fois que ce genre d’«accord de confidentialité» est établi. Le 12 avril dernier, le journal bruxellois «Le Soir» avait délibérément enfreint un embargo imposé par une autre major du disque, Universal, en publiant une interview du groupe belge dEUS trois jours avant la date fixée. En cas de rupture d’embargo, le contrat rédigé par Universal prévoyait une amende de 25.000 euros.

La rédactrice en chef du «Soir» avait invoqué «la liberté de la presse» pour justifier la publication de l’article avant la date prévue: on a pris «le risque d'une procédure judiciaire (...) pour forcer la réflexion et le débat dans un univers culturel, musique ou cinéma, qui enferme de plus en plus des journalistes soumis à une pression insupportable.»