Laurent Garnier et Agoria pendant sept heures

MUSIQUES Set inoubliable des deux DJ aux Nuits sonores...

Dalya Daoud, à Lyon

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«On va devoir vous quitter sinon on va se faire taper sur les doigts, les flics attendent dehors.» Après sept heures de Dj set sans interruption dans la nuit de vendredi à samedi, Laurent Garnier et Agoria réunis pour la première fois sur une même scène ont eu du mal à lâcher les platines.

L’affiche de cette seconde soirée de Nuits Sonores, à Lyon, a une fois de plus honoré son titre de meilleur festival électro français, en plaçant Garnier, monstre sacré de la techno et artisan de la French touch, aux côtés d’Agoria, sa remarquable relève. Pas de préparation, aucune directive préalable, et un échange musical d’une fluidité étonnante.

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«On était comme à la maison, c’était un peu les vacances,» a ainsi résumé Laurent Garnier ce samedi après-midi, devant une assiette de würtz (saucisse allemande). «Nous avons tous les deux une histoire particulière avec ce festival», a-t-il rappelé, évoquant pour sa part les nombreuses prestations proposées lors des précédentes éditions, un cinémix en 2005 à l’Institut Lumière, un all day long à la piscine du Rhône en 2006, et un mémorable set de clôture de l’événement en 2007, entre autres projets.

Le Lyonnais Agoria, habitué à être reçu comme un fils prodigue dans sa ville, a quant à lui été programmé à chacune des six éditions de Nuits Sonores. Et il s’était d’ailleurs promis «de ne pas revenir cette année». «Mais Laurent Garnier est une sorte de parrain pour moi. A l’âge de vingt ans je le regardais jouer en me disant qu’il était génial. C’était inespéré pour moi de jouer avec lui,» a-t-il expliqué, encore réjoui de sa nuit.

«Public énorme»

«J’ai vu certaines personnes rester pendant les sept heures du set, accrochées devant nous», raconte Laurent Garnier, pour qui le public lyonnais est définitivement «énorme». Passant du rock militant des Berruriers Noirs au reggae jamaïcain de Max Romeo, Garnier et Agoria ont eu le talent de dessiner un set à la fois ludique et structuré, devant lequel près d’un millier de personnes se trouvaient encore à six heures du matin.

Ce samedi soir, l’ancienne usine d’ampoules SLI (9e) qui aura été marqué avant sa destruction imminente par cette performance, accueille les festivaliers pour la quatrième Nuit. La programmation de cette avant-dernière soirée fera une large place à la scène électro locale.