L’Opéra déconcerte par la danse

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Audacieux et réussi, le programme de danse proposé jusqu’au 3 janvier au palais Garnier. Entre le très beau trio, sorte de Jules et Jim sous tension, extrait d’une pièce de Michel Kelemenis, et un intense duo masculin d’Angelin Preljocaj, cet ovni de génie : Glacial Decoy (1979), pièce signée Trisha Brown. L’absence de musique souligne la vacuité de l’espace scénique. Les danseuses surgissent, puis disparaissent en coulisse comme si une force invisible les repoussait. La technique exige le relâchement complet du corps et il a fallu cinq semaines de travail aux danseuses pour y parvenir. Quoiqu’un peu raides, elles sont convaincantes et l’oeuvre tranche avec ce que l’Opéra de Paris propose d’habitude. Plus classique, la soirée s’achève sur une rêverie en tulles et pointes autour de la valse : du pur Balanchine. Ph. V.