Un Arctic Monkeys à l'âge de déraison

Boris Bastide

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Les Arctic Monkeys.
Les Arctic Monkeys. — REX / SIPA

«Nous sommes un peu les nouveaux John Lennon et Paul McCartney.» Alex Turner et Miles Kane ne manquent ni d'humour ni d'ambition. De passage en promo à Paris, le chanteur des Arctic Monkeys et celui de The Rascals sont très fiers de leur premier album sous le nom de The Last Shadow Puppets. On les comprend. The Age of Understatement est certainement le produit le plus pertinent né de la mode des projets parallèles chez les jeunes groupes stars de la scène rock (Franz Ferdinand, The Strokes, White Stripes...).

Servi par des harmonies de voix mixées très en avant et les brillantes orchestrations de cordes et cuivres signées Owen Pallett, l'album remet au goût du jour une pop sophistiquée héritée des années 1960. Tout en gardant quelques guitares rageuses et un pied bien dans son époque. L'alliage d'intime et d'épique détonne. «On voulait beaucoup d'énergie pour accompagner ces petits drames personnels», justifie Miles Kane avant d'interrompre l'interview... et de se mettre à aboyer. Une facétie ignorée par son compère, Alex Turner, occupé à apprendre quelques mots de français pour aborder une des serveuses du restaurant. L'obsession fait écho aux nombreuses femmes vénéneuses qui peuplent l'imagination des deux garçons et, de leur propre aveu, leur passé. Course échevelée à travers douze récits d'amours brisés ou bien impossibles, The Age of Understatement est plein de cette fougue qui sied si bien à la jeunesse.