Début de la veille funéraire pour Aimé Césaire

HOMMAGE Avec notre envoyé spécial en Martinique...

Stéphane Colineau, envoyé spécial en Martinique

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Des dizaines de milliers de Martiniquais ont dit adieu vendredi dans une ambiance chaleureuse au poète Aimé Césaire, dont la dépouille a été acheminée à travers Fort-de-France, principale ville de l'île française de la Martinique, jusqu'au stade de Dillon où doivent avoir lieu dimanche ses obsèques nationales.
Des dizaines de milliers de Martiniquais ont dit adieu vendredi dans une ambiance chaleureuse au poète Aimé Césaire, dont la dépouille a été acheminée à travers Fort-de-France, principale ville de l'île française de la Martinique, jusqu'au stade de Dillon où doivent avoir lieu dimanche ses obsèques nationales. — Franck Fife AFP

C’est par une longue ovation que le millier de martiniquais massé sur la pelouse et dans les travées du stade de Pierre-Aliker de Dillon a salué vendredi soir l’arrivée de la dépouille d’Aimé Césaire. Il était près de 22h30 (heure locale), soit quatre heures de plus que l’horaire programmé.

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L’enthousiasme de la foule venue apercevoir le corps du célèbre du poète et homme politique a empêché le cortège funèbre de traverser Fort-de-France au rythme prévu. Partout, des admirateurs désireux de saluer une dernière fois «papa Césaire» ont obligé le cortège funèbre à rouler au pas voire à stopper. De nombreux moments d’émotions ont marqué l’après-midi, comme le passage du défunt devant le lycée Victor-Schoelcher, où s’étaient regroupés de très nombreux adolescents tout de blanc vêtus.

Le début de la veille funéraire

Au stade de Dillon, le cercueil a d’abord fendu la foulé et traversé des allées de balisiers, la fleur rouge symbole du Parti progressiste martiniquais, fondé en 1958 par Aimé Césaire. Il a ensuite été installé sous le chapiteau dressé sur la pelouse, où la veille funèbre a pu commencer. Le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Yves Jégo, Ségolène Royal et Christiane Taubira ont été les premiers à se recueillir. Les anonymes ont suivi. Parmi eux, Jocelyne, comptable: «Aimé Césaire était notre porte-drapeau international. Il nous avait redonné notre dignité, il a éclairé notre conscience». Adèle, enseignante, est plus émue encore: «Césaire est celui qui a montré que les nous les noirs, les nègres, ne savons pas seulement danser ou être de grands sportifs. Il y a parmi nous des intellectuels, des savants, En plus, il ne s’est pas arrêté au rêve de sa poésie, il est passé aux actes avec la politique... Il a permis une prise de conscience, que sa mort va sûrement accélérer. »

La veillée funèbre doit durer 36 heures. On devrait bientôt connaître les détails de l’hommage prévu dimanche avec la venue de Nicolas Sarkozy. «Le président de la République souhaite avant toute chose répondre aux attentes de la famille d’Aimé Césaire, il est à leur écoute», a indiqué Yves Jégo, sans préciser si un discours était prévu.