«La vie! L'amour! La mort!»: Des émotions en pagaille pour l'adieu à Jacques Higelin

HOMMAGE Le chanteur a été inhumé jeudi après-midi au Père Lachaise, à Paris…

L.Be. avec AFP

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Jacques Higelin, en concert à Paris en 2013.
Jacques Higelin, en concert à Paris en 2013. — SADAKA EDMOND/SIPA

« Pars, surtout ne te retourne pas ! » : c’est par les célèbres paroles de son père dans Pars, chantées a cappella par Arthur H, que s’est terminée, entre émotion et vivats, la cérémonie en hommage à Jacques Higelin, inhumé jeudi après-midi au Père Lachaise, à Paris. Comme il l’aurait voulu, son public, qui dépassait allègrement le millier de personnes, était venu braver la pluie pour saluer une dernière fois le poète-rock, décédé vendredi dernier à 77 ans. Le tout dans une ambiance particulièrement chaleureuse, chantante même, au son du tube Tombé du ciel repris en chœur ou même sifflé.

Pendant que la famille et les amis proches s’installaient sous les tentes, non loin de la statue du président Casimir-Perier qui trône dans la partie encore basse du cimetière, il fallait entendre ces anonymes crier des « Amoureux ! » et des « Y a d’la joie, Jacques tu es toujours là ! », en guise de clin d’œil à Charles Trenet, qui était l’idole d’Higelin.

« Je vis pas ma vie, je la rêve »

Après les remerciements émus d’Arthur H et de sa demi-sœur Izia Higelin à l’attention du public, c’est en chansons que s’est fini ce moment de communion, avec dans les haut-parleurs « Parc Monsouris » et son refrain « Je vis pas ma vie, je la rêve », « J’suis qu’un grain de poussière », « Le berceau de la vie » et « Tête en l’air ». Après quoi, l’inhumation a pu avoir lieu peu avant 17h00.

Un ultime instant de recueillement pour la famille et les amis d’abord, pour les fans ensuite. C’est dans ce même ordre que les célébrations ont débuté plus tôt dans l’après-midi, puisqu’un vibrant hommage réunissant tous ses proches s’est déroulé au Cirque d’hiver.

Des personnalités comme la ministre de la Culture Françoise Nyssen, la maire de Paris Anne Hidalgo, les artistes Alain Souchon, Catherine Ringer, Charlélie Couture, Marina Fois, Cali, Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac ou encore Romain Goupil avaient pris place dans les gradins du Cirque d’hiver, au centre duquel se trouvait un piano devant un parterre de tournesols.

Un silence total a accompagné la pose de son cercueil au centre de la piste. Puis la sono a diffusé un dialogue entre le baladin et Jean-Louis Foulquier, le fondateur des Francofolies. « Rien ne m’empêchera de chanter », promettait-il dans cette interview. Ont ensuite défilé Daniel Auteuil, lisant une lettre adressée au chanteur par Barbara, Sandrine Bonnaire, qui lui avait consacré récemment un documentaire, récitant avec une intense émotion un texte.

Izïa, débordante d’énergie

Les montagnes russes émotionnelles sont reparties à la hausse quand Arthur H, accompagné par Areski, a pris le micro. « La grande Brigitte (Fontaine) m’a envoyé un mot au téléphone. Elle n’avait pas le courage de parler. La dernière fois qu’ils se sont vus, ils se caressaient le visage, on aurait dit deux extra-terrestres. Je n’ai rien vu d’aussi beau », a raconté le fils aîné de Jacques Higelin, avant que ne résonnent dans la salle les mots tantôt anglais tantôt étranglés de Brigitte Fontaine.

La chanteuse Camille, toute de verte vêtue, a repris une des premières chansons d’Higelin, Tiens j’ai dit tiens répétant la phrase sur tous les tons, en tournant autour du cercueil, tel un rite païen. Puis Kên, le cadet, au bord des larmes, est venu confier qu'« il y a une phrase qui (le) hante depuis tout petit : "ne pleurez pas les morts, pleurez les vivants". Ça ne va pas être facile… »

C’est finalement sa petite soeur Izïa, débordante d’énergie, qui a assuré la dernière « farandole » en reprenant Irradié, pour finir sur une note joyeuse cet hommage, sous les applaudissement de tous les proches souriant aux larmes.

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