Pourquoi poser nue sur une pochette de disque?

MUSIQUE Objectif esthétique ou marketing?

Alice Antheaume

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La pochette de Maya Barsony
La pochette de Maya Barsony — DR

Toutes nues. Une femme bondit sans même un bikini, cheveux aux vents et lèvres rouges, sur la pochette de son album. Le titre, «Maya Barsony, Femme d’extérieur», lui sert de cache-sexe. Autre pochette, plus chargée graphiquement: celle de Victoria, une jeune pousse de 22 ans, chanteuse sur la tournée du «Roi Soleil» aux faux airs d’Eve Angeli, qui expose sur son album «Histoires de…» le haut de son torse, la pointe du sein recouverte par un grimoire. S’afficher en tenue d’Eve sur un disque: la recette est déjà éprouvée. La preuve, John Lennon et Yoko Ono, Mylène Farmer, Mariah Carey, ou encore Vitaa l’ont testée. Alors à quoi ça sert? A faire joli ou à faire vendre?

Maya Barsony, qui chante aux côtés de Brigitte Fontaine et Mathieu Chedid des airs mi-pop mi-variété, assume son corps travaillé par des années de trapèze: «C’est moi sur la photo! Au début, le graphiste m’avait rabotée la fesse. Mais j’ai dit non, que j’étais comme ça, avec des bonnes fesses et des petits seins.» Du coup, aucune retouche Photoshop pour la jeune femme à la trentaine. Fille de peintre habituée à voir des modèles féminins poser nues, elle explique qu’«il ne faut pas avoir peur de la nudité. C’est esthétique. Au début d’ailleurs, des bouts d’échafaudage devaient me cacher un peu sur la photo, pour laquelle j’ai dû faire au moins 250 sauts. Mais en fait, les barres de métal cassaient l’élan donné par le bond.» Résultat, la chanteuse a décidé de se dévoiler. Sans gêne, dit-elle, ni colifichet.

«Je ne vends pas mon corps, je préfère vendre mes disques»

Pour Victoria, être épaules dénudées sur sa pochette sert d’illustration à l’une des chansons qui composent l’album et qui s’appelle «Histoire de peau». L’image «devait parler de peau, comme ce titre, qui mêle danse, roc, be-bop et même du Calogero…», raconte-t-elle. L’année dernière, Koxie avait aussi posée nue - mais en escarpins - sur la pochette de son single «Garçon». Un visuel pour justifier son créneau de rappeuse pas crado: «J’habite à Neuilly et je fais du rap chic», expliquait la chanteuse de 30 ans qui est restée pendant sept semaines d’affilée en tête des ventes et en a vendu 300.000 exemplaires au final.

Pourtant, pour Maya Barsony comme pour Koxie, le but de l’opération est plus graphique que commercial. «Si j’avais voulu vendre des disques en me mettant à poil, j’aurais posé de façon vulgaire», reprend la première. Entendez comme les filles que l’on voit sur les magazines vendus en kiosques, «jambes écartées et étoiles sur les tétons». Même son de cloche chez Victoria qui prévient «je ne vends pas mon corps, je préfère vendre mes disques.»

Les dates de concerts de Maya Barsony sont sur sa page Myspace. Celles de Victoria sont ici.