Poitiers, Brest, Le Havre… Les villes rocks du moment ne sont pas celles que vous croyez

GÉOGRAPHIE Le Red Bull Music Tour passe par des villes inattendues...

Benjamin Chapon
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Le Tetris, scène de musiques actuelles au Havre
Le Tetris, scène de musiques actuelles au Havre — Mickael Liblin

Bordeaux ? Connais pas. Nantes ? Has been. Paris ? Never been. La France a des villes rock. Mais elles sont bien cachées. Le festival Red Bull Music Tour se propose ainsi de visiter quelques-unes des cités les plus actives du pays. Il est déjà passé par Montreuil et Le Havre et visite également Poitiers, Saint-Étienne ou Brest, vendredi soir, au Vauban

« Du point de vue parisien, il y a déjà tellement de choses à voir ici, sans parler de la banlieue où c’est de plus en plus riche, que l’intérêt d’aller voir ailleurs n’est pas évident… Mais je vous assure qu’il y a des villes où il se passe plein de choses », rigole Guillaume Sorge. Le programmateur du festival, a conçu le programme de ces différents concerts - de Lomepal à Oklou en passant par The Hacker - en coopération avec les salles qui les accueillent. Plus que des villes, il a choisi des équipes.

À Poitiers, la meilleure salle de France

« On est dans une logique de co-programmation et de travail sur la durée. Comme avec les artistes que l’on suit plusieurs années, on veut établir des partenariats durables avec les scènes ou collectifs de ces villes. On en fait pas juste un chèque pour avoir notre logo sur scène. Alors forcément, on choisit très bien les gens avec qui on va travailler. » Plutôt que des villes branchées à l’écosystème artistique et culturelle florissant, Guillaume Sorge a cherché des lieux où un lieu fédère des énergies positives.

« Et ça, ça tient souvent à une petite équipe motivée et intelligente. Par exemple à Saint-Étienne, les gens de Positive Education organisent le meilleur festival de France. À Brest, il y a l’équipe d’Astropolis qui fait vivre toute une scène locale au-delà du festival. Leur démarche est super. Et à Poitiers, il y a le Confort Moderne qui est, à l’heure actuelle, sans doute la meilleure salle de France… L’accueil, infrastructure et, surtout, la programmation, tout est irréprochable. Les artistes sont toujours ravis de leur expérience. »

Il n’y a plus de scènes locales

Quand on parle de villes rock, on pense souvent à des lieux qui ont vu naître plusieurs groupes marquants à un instant T. Guillaume Sorge ne croit plus trop en ce modèle qui épate les médias mais ne veut plus dire grand-chose : « Il peut y avoir des générations spontanées comme à Caen, il y a quelques années. Mais il y a de moins en moins de scènes locales parce que c’est devenu très facile de travailler en collaboration sur tout le territoire, ou même à l’international. Les artistes sont de moins en moins… locaux. Les derniers exemples en date de « scènes locales » comme à Reims ou Clermont-Ferrand vont devenir des exceptions. »

Ainsi, le Red Bull Music Tour mise plutôt sur l’avenir et imagine que ces villes où des groupes de gens motivés organisent de bons concerts verront naître des artistes inspirés. « Aujourd’hui, on détecte des micro-scènes ou des micro-connexions, explique Guillaume Sorge. Par exemple, le festival Positive Education à Saint-Étienne ne programme pas que des artistes de Saint-Étienne. Il n’y a pas forcément une scène stéphanoise mais un savoir-faire pour faire jouer les bons musiciens. »

Dans le même temps, l’uniformisation des programmations des Smac (Scènes de musiques actuelles), formidables mais chers outils de diffusion qu’il faut rentabiliser avec des concerts complets, laisse le champ libre à de plus petites salles ou festivals pour faire venir des artistes inattendus. Ainsi, le 27 avril à Saint-Etienne, le festival accueille Veronica Vasicka, Beau Wanzer et Novo Line. De quoi inspirer une nouvelle génération d’artistes stéphanois ?