VIDEO. «Taxi 5»: Flics, taxi bolide, courses poursuites... Clichés ou réalité marseillaise

DEGUN Ce vendredi sort en avant-première dans la région marseillaise le cinquième opus de « Taxi », réalisé par Franck Gastambide…

Mathilde Ceilles
— 
Un extrait lors du tournage du premier opus de «Taxi», à Marseille, en 1998
Un extrait lors du tournage du premier opus de «Taxi», à Marseille, en 1998 — Serge Pagano / AFP
  • Le cinquième opus de Taxi sort ce vendredi
  • 20 Minutes a confronté les ingrédients de la saga à la réalité marseillaise

Vingt ans. Voilà vingt ans que la fameuse Peugeot 406 blanche et ses pointes de vitesse sur le Vieux-Port traversent la pellicule et le temps. Ce vendredi sort en avant-première à Plan-de-Campagne et à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, le cinquième opus de Taxi. Réalisé par Franck Gastambide, qui endosse le rôle initialement porté par Frédéric Difenthal, ce film est également porté par Malik Bentahla qui joue le chauffeur de… VTC (sic).

Au programme, les ingrédients de base qui ont fait la recette de Taxi depuis 1998 : des poursuites, un chauffeur pas comme les autres – certains diraient « typiquement marseillais » – et des policiers phocéens qui prêtent à sourire. Des ingrédients que 20 Minutes a cherché dans ce qui fait le sel de la vie marseillaise…



Les chauffeurs de taxi marseillais, de vrais bolides !

« Régulièrement, depuis la première version, les clients nous font la remarque : “Bah alors, vous roulez pas comme dans Taxi ?” Mais bon, c’est sympa, c’est de l’ordre de la plaisanterie. » À en croire Rachid Boudjema, secrétaire général du syndicat des taxis marseillais, cette demande arrive plus souvent qu’on ne pourrait le croire. « Bon, ce n’est pas ce que nous disent les Marseillo-marseillais, mais oui, quand on prend par exemple des clients à la gare Saint-Charles, il peut y avoir ce réflexe. »



Ces derniers seront toutefois déçus : difficile de rouler à 200 km/h dansla ville la plus embouteillée de province… « C’est une véritable problématique pour nous et pour les clients, déplore Rachid Boudjema. Il nous faudrait des files dédiées. Les clients sont étonnés du temps qu’on peut mettre pour aller la gare ! » Et de lancer dans un grand éclat de rire : « Mais vous savez Madame, vous seriez surprise, le taxi marseillais peut faire des merveilles… »

Les policiers marseillais pas très fute-fute ?

Que serait Taxi sans son commissaire Gérard Gibert, chef de police déjanté aux répliques cultes. Une image toutefois pas forcément flatteuse de la police marseillaise… qui n’en prend pas ombrage. « Ça fait sourire, mais ça ne fait pas grincer les dents », indique avec humour la direction départementale de la sécurité publique. « C’est vrai que comme dans tous les films grand public, c’est limite caricaturale, mais ce n’est pas un documentaire. C’est un portrait de la police qui comme la plupart du temps est brossé à gros traits. Ce sont des gros clichés qui ne correspondent plus à la réalité. »

Le chauffeur de taxi marseillais, une espèce à part

Observer le personnage campé jusqu’ici par Samy Naceri, c’est croire que le chauffeur de taxi marseillais est une catégorie en soi, avec ses goûts musicaux, son caractère et sa vision toute personnelle de la légalité… Différent, le taxi marseillais ? Rachid Boudjema ne conteste pas la spécificité…. mais en donne une autre définition. « Les taxis marseillais sont des gentlemen. Je vais souvent à Paris, et ce que je constate, c’est que le Marseillais, quand il peut, il rend service. Il a tendance à arrondir à l’euro inférieur quand il transporte un client aux revenus modestes, car il côtoie régulièrement la misère sociale… »



Pour le reste, Rachid Boudjema est formel : « les taxis marseillais sont identiques à ceux en France. Ils ont la même formation, les mêmes particularités. Comme ailleurs, beaucoup de taxis sont des gens en reconversion, ils sont donc issus de toutes les catégories socioprofessionnelles. » La ville de Marseille compte 1.115 taxis qui effectuent en moyenne 11 courses par jour.