VIDEO. Bordeaux: Avec l'exposition «Street Color», le street art bouscule l'Institut culturel Bernard-Magrez

ART Le vénérable Institut culturel Bernard-Magrez à Bordeaux accueille une exposition de neuf street artistes de renommée internationale jusqu’au 24 juin…

Mickaël Bosredon

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Parmi les oeuvres exposées au Château Labottière qui abrite l'Institut culturel Bernard Magrez, celles de l'artiste David Walker. Lancer le diaporama
Parmi les oeuvres exposées au Château Labottière qui abrite l'Institut culturel Bernard Magrez, celles de l'artiste David Walker. — Constant Formé-Bècherat
  • Le contraste est saisissant entre le classicisme du château Labottière et ces œuvres d’art contemporain.
  • Avec pour fil rouge la couleur, l’exposition explore les différents courants du street art.

La nouvelle exposition de l’Institut culturel Bernard Magrez à Bordeaux va combler de joie les amateurs de street art. Neuf artistes confirmés et de renommée internationale sont en effet réunis dans les salles du château Labottière jusqu’au 24 juin. Les néophytes apprécieront tout autant cette exposition, intitulée Street color et qui nous plonge dans l’univers complexe et tout en nuances du street art, dans lequel le figuratif côtoie l’abstrait, la technique du pochoir succède à celle de la bombe.

Et quel pied de voir le très classique, et classieux, château Labottière, classé monument historique, investi par toutes ces toiles colorées et pleines de vie, bousculé par des artistes qui ont conquis leurs lettres de noblesse dans la rue.

« On voulait une exposition très punchy sur la couleur, explique Aurélien Desailloud, directeur artistique et culturel de l’Institut, qui a monté cet événement. Mais on n’a pas voulu non plus organiser une exposition pop où on aurait que des artistes qui jouent sur la couleur. Là, on a des artistes qui travaillent la couleur de manière réfléchie, avec des tableaux en nuances et tout un coup un trait de couleur qui vient mettre la toile en relief. »

Kashink annonce la couleur

Le château Labottière compte huit pièces qui accueillent autant d’artsites. Et dans le hall d’entrée, l’artiste Kashink est, elle, venue réaliser deux créations in situ pour l’exposition. « On voulait que le spectateur entre avec deux grosses pièces qui annoncent la couleur. »

Kashink - la sreet artiste qui porte la moustache - est une des rares artistes féminines françaises « qui vit de son travail », dans un milieu très masculin. « Elle travaille la couleur dans toutes ses fresques. Elle réalise énormément de fresques monumentales sur toute la planète. On reconnaît son style avec son système de masque, à la fois tribal et street art d’Amérique du Sud. »

MAD C est une des représentantes internationales les plus connues de la scène street art. « La première chose qui interpelle quand on la voit peindre, c’est la vitesse à laquelle elle peint les murs, et cette vitesse on la retrouve dans ses tableaux. Elle a commencé son travail sur le lettrage géant, et en 2010, elle a peint un mur de 700 m de long, qu’elle a réalisé en solo pendant quatre mois. À la fin de cette année 2010, elle revient vers l’aquarelle, en gardant des techniques de bombes de graffiti, et réalise des toiles en atelier. »

Les personnages de Seth, la calligraphie de L’Atlas

Artiste français très influent et très suivi sur la scène internationale, Seth est un artiste parisien est connu pour ses personnages. « Son style s’est forgé tout au long de ses rencontres, de ses voyages. Les œuvres qu’on a choisies représentent son travail : son passé d’artiste de graffiti, la thématique de l’enfance qui est un sujet très important chez lui, et on voit aussi que souvent ses personnages sont de dos, cela pour faire travailler l’imagination du spectateur. Il y a aussi ses vortex de couleur, que l’on retrouve dans énormément de ses travaux. »

« Quand j’ai monté l’exposition et que j’ai parlé de L'Atlas aux autres artistes, se souvient Aurélien Desailloud, ils ont été étonnés car il est connu pour faire du noir et blanc. Mais j’avais vu quelques productions en couleur, et cela donnait quelque chose de très puissant. On l’a contacté et on lui a demandé de réaliser des œuvres pour cette exposition. Quand on regarde ses tableaux, au début on peut penser à des formes géométriques, mais en fait il travaille sur l’écriture, la calligraphie. Dans ses œuvres est toujours écrit L’Atlas. Il s’est formé à l’art de l’écriture dans l’Atlas, au Maroc. »

Les impressionnants portraits de David Walker

Satone, proche du mouvement   grafuturisme et qui excelle dans l’art urbain abstrait, travaille plusieurs techniques différentes : de la bombe, de l’acrylique… Les impressionnants portraits de David Walker sont, eux, uniquement réalisés à la bombe. Quant à  C215, sa référence c’est le pochoir. On pourra admirer l’une de ses séries emblématiques, sur les amoureux.

Bref, d’une salle à l’autre, on change complètement d’univers. Avec ce fil rouge qui reste l’explosion des couleurs.

L’exposition a lieu jusqu’au 24 juin à l’Institut culturel (16, rue de Tivoli à Bordeaux).