Scandale Facebook: Zuckerberg se prend des coups de tous les côtés mais continue de se battre

BASTON Tim Cook et Mark Zuckerberg se sont balancé des piques par médias interposés…

L.B.

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Tim Cook et Mark Zuckerberg / Montage
Tim Cook et Mark Zuckerberg / Montage — SIPA
  • Tim Cook a critiqué le modèle économique centré sur la monétisation des données personnelles de Facebook.
  • Mark Zuckerberg vit des moments difficiles depuis le scandale Cambridge analytica.
  • L’entreprise a récupéré les données de 50 millions d’utilisateurs sans leur consentement dans le but d’influencer les votes de la campagne présidentielle américaine.

Bonne ambi chez les Gafa… Le PDG d’Apple Tim Cook n’a pas hésité à porter un nouveau coup à Facebook -et Google en passant- en début de semaine dernière alors que Mark Zuckerberg tentait d’éteindre l’incendie provoqué par le récent scandale Cambridge analytica. L’entreprise a récupéré les données de 50 millions d’utilisateurs sans leur consentement via une application téléchargée sur le réseau social, dans le but de prédire et d’influencer le vote des électeurs lors de la dernière présidentielle américaine.

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Lors d’une interview à Recode et MSNBC mardi dernier, Tim Cook est revenu sur la polémique. Quand les journalistes lui ont demandé ce qu’il aurait fait à la place de Mark Zuckerberg, il a répondu sans l’ombre d’une hésitation. « Je ne serais pas dans cette situation ». Il a tenu à souligner ce qui fait la différence entre Apple et des acteurs comme Facebook et Google dont le modèle économique repose sur des services gratuits. « En vérité, nous pourrions faire beaucoup d’argent si nous monétisions notre client - si notre client était notre produit. Nous avons choisi de ne pas le faire », a-t-il déclaré, mettant l’accent sur le souci de la firme à la pomme croquée à l’égard de la vie privée des consommateurs. « Je pense que la meilleure régulation, ce n’est pas de régulation, mais l’autorégulation », a-t-il commenté. « Cependant, je pense que nous sommes au-delà de cela ici ».

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« Il est important de ne pas tomber dans le syndrome de Stockholm »

Mark Zuckerberg qui peinait déjà à remonter la tête de l’eau, l’opinion publique lui ayant notamment reproché d’avoir tardé à s’excuser, n’a -comme on aurait pu s’en douter- pas apprécié la pique de Tim Cook (et lui a rendu la politesse). « Je trouve l’argument selon lequel si vous ne payez pas, on ne se soucie pas de vous extrêmement désinvolte et pas conforme à la réalité », a-t-il réagi ce lundi dans une interview à Vox. « La réalité c’est que si vous voulez construire un service qui aide à connecter tout le monde à travers la planète, alors il y a des gens qui n’auront pas les moyens de payer. Et donc, comme avec beaucoup de médias, avoir un modèle basé sur la publicité est le seul modèle rationnel », a-t-il rétorqué avant de citer une phrase de Jeff Bezos [le PDG d’Amazon] il y a plusieurs années.

Au moment de la sortie du Kindle, « il a dit : "Il y a des entreprises qui travaillent dur pour vous faire payer plus cher, et il y a des entreprises qui travaillent dur pour vous faire payer moins cher". Et chez Facebook, nous sommes dans le camp des entreprises qui travaillent dur pour vous faire payer moins cher et pour offrir un service que tout le monde peut utiliser », a-t-il insisté avant de porter le coup de grâce à Apple. « Je pense qu’il est important de ne pas tomber dans le syndrome de Stockholm [les otages qui développent de l’empathie pour leur ravisseur après une longue période de captivité] en se laissant convaincre par les entreprises qui travaillent dur pour vous faire payer plus cher qu’elles se soucient de vous. Parce que cela me semble ridicule ».

Apple et l’obsolescence

Facebook rencontre des grosses difficultés depuis les révélations de Cambridge analytica : son action a perdu près de 18 % en Bourse la semaine dernière tandis que les autorités des deux côtés de l’Atlantique ont lancé des enquêtes sur le sujet. Lundi, Scott Stringer, le contrôleur financier de New York a appelé à la démission de Mark Zuckerberg, selon le Financial Times, pour redonner confiance aux utilisateurs du réseau social. Si Facebook vit des moments difficiles, Apple n’a pas connu un début d’année beaucoup plus idyllique.

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En janvier dernier, à la suite de plaintes d’utilisateurs jugeant que leur iPhone devenait plus lent avec le temps et à des tests relayés dans la presse spécialisée, Apple avait fini par reconnaître qu’elle bridait volontairement les performances du téléphone dans le but « de prolonger la durée de vie » de celui-ci et éviter qu’il ne s’éteigne de façon intempestive. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire. Comment dit-on déjà ? La paille dans l’œil du voisin, la poutre… Vous voyez l’idée.