Il est comment le nouveau Madonna?

MUSIQUE La critique d'«Hard Candy» en exclusivité par 20minutes.fr...

Elodie Drouard

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Pochette de «Hard Candy», le onzième album de Madonna.
Pochette de «Hard Candy», le onzième album de Madonna. — DR

Alors? Il est comment le nouveau Madonna? A l'issue de l'écoute collective de la septième plage de «Hard Candy», une journaliste de Paris Première lâche soudain: «Putain, c'est long!». Trois mots qui résument assez bien le onzième album de la pop star.

Précédé comme toujours d'un énorme buzz lié au casting de producteurs hip-hop en vogue (Pharell Williams et Timbaland), la première (et seule) écoute du disque ne convainc guère. Si l'on n'attendait rien de révolutionnaire de la part d'une Madone qui se contente désormais de pomper à d'autres des recettes déjà éprouvées, on espérait secrètement en revanche une floppée de singles ravageurs. Que nenni. «Hard Candy» se résume à une compilation de morceaux disco remixés par des rappeurs de talent.

Interminable

Premier morceau de la douzaine que compte l'album, «Candy Shop», produit par The Neptunes, déçoit d'emblée. On enchaîne avec le single, «4 Minutes» porté par le chant de Justin Timberlake. Ultra-efficace, c'est sûrement le morceau le plus puissant de l'album avec «Give It 2 Me» au gimmick ravageur et «Heartbeat» et sa délicieuse impression de déjà-vu.

Ça se gâte sur «Miles Away» où Madonna nous fait sa pleureuse. «I guess we're at our best when we are miles away», radotte-t-elle. De quoi alimenter les rumeurs sur le naufrage de son mariage. Elle en remet d'ailleurs une couche avec le très disco «She's Not Me» où la reine de la pop tente de se rassurer: «She has not my name. It won't be the same». Ben voyons. A la moitié de l'album, les morceaux semblent ne jamais vouloir se terminer. Calibrés pour le dancefloor, les titres de l'album passent mal le test de l'écoute fauteuil.

Supa disco

«Incredible» porte bien son nom, un des pires morceaux du disque. «Beat Goes On» et «Dance Tonight» poursuivent selon la même formule disco R&B. On pense à Michael Jackson (avant), à Chic et à Indeep. Le recyclage atteint son paroxysme avec «Spanish Lessons» où l'on jurerait entendre l'immense «She Wants To Move» de N*E*R*D, le premier groupe de Pharell Williams... L'écoute se poursuit avec «Devil Wouldn't Recognize You», un genre de «Cry Me a River» featuring les Polyphonies Corses (si, si) et s'achève (enfin) avec «Voices», le morceau le moins produit sur lequel Madonna pousse la voix.

Bref, un album sans (bonne) surprise qui n'arrive pas à la cheville de certaines récentes productions R&B (au hasard, le troisième album solo de Timbaland). Malgré cela, propulsé par un single efficace et une promo digne des plus grandes marques, difficile de ne pas prédire un évident succès à «Hard Candy». Et continuer à regretter encore l'audace d'«American Life», son meilleur album à ce jour et pourtant, le moins vendu dans le monde.