Un musée de l’informatique ouvre ses portes à Paris

Alice Antheaume

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Une pièce du musée de l'informatique. Ce modèle japonais a été utilisé chez L'Oréal pour l'informatisation des premières chaînes de production.
Une pièce du musée de l'informatique. Ce modèle japonais a été utilisé chez L'Oréal pour l'informatisation des premières chaînes de production. — DR

Paris aura son musée de l’informatique, dès le 15 avril, perché sur le toit de la grande arche de la Défense. Le premier du genre en Europe.
 
400 m2 consacrés à l’ordinateur, à l’informatique et au Web via une exposition d’objets, de diaporamas et chronologies. «Dans les médias, on parle énormément de futur informatique, mais on se rappelle à peine de ce qu’il existait il y a cinq ans, explique à 20minutes.fr Philippe Nieuwbourg, le directeur de ce nouveau musée, par ailleurs blogueur et journaliste pour des sites spécialisés. Je m’en suis rendu compte il y a quelques années, en donnant une conférence à des étudiants. Je leur montrais un coupleur acoustique des années 80, une façon pour les gens de chatter avant l’Internet, et eux me regardaient avec des yeux en forme de soucoupe. Ils ne comprenaient pas comment cet appareil pouvait fonctionner.»

Des métiers oubliés


Ainsi est née l’idée de recenser le patrimoine informatique, dans un musée qui dévoile une chronologie de l’informatique allant 1900 à 2020, ainsi que l’histoire de la naissance d’Internet. Rassurez-vous, les expositions ne visent pas que les geeks, mais aussi les familles et les scolaires en tablant davantage sur «les usages et les hommes que sur les technologies» obscures ou les codes informatique des ingénieurs. «En parlant de l’humain, on redécouvre des professions disparues», souligne Philippe Nieuwbourg. Par exemple, le métier de perforatrice, souvent occupé par des femmes qui avaient la charge de remplir une «carte perforée», c’est-à-dire une fiche où, avant les fichiers numériques, on stockait, via 80 caractères codés, des informations. «Une carte perforée pouvait contenir tout le fichier clients d’une enteprise», reprend le directeur du musée. «Ces cartes étaient d’ailleurs à l’origine de la crainte du bug de l’an 2000. Car vu qu’elles ne contenaient que 80 caractères, on a cherché à les économiser. Du coup, les années n’y étaient écrites qu’avec les deux derniers chiffres, plutôt que les quatre (60 pour 1960)». 
 

Chiffres
«L’arche de la Défense est peu fréquentée par les Franciliens, explique le directeur, mais reçoit 250.000 visiteurs par an, dont la majorité sont des touristes étrangers. En offrant un musée pour le même prix que l’entrée pour monter sur le toit, on table sur 350.000 visiteurs en 2009.»

Infos pratiques
Le musée se trouve sur le toit de la Grande Arche de la Défense, ouvert 7 jours sur 7, de 10h à 19h.