Le nouvel album Madonna, un disque sous haute surveillance

Alice Antheaume

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Pochette de «Hard Candy», le onzième album de Madonna.
Pochette de «Hard Candy», le onzième album de Madonna. — DR

Ecouter «Hard Candy», le dernier album de Madonna avant sa sortie, prévue le 25 avril, c’est la quête du Graal. 20 Minutes a suivi son périple et a réussi à s'incruster dans la maison de disques de la star.

«Il y aurait un mec menotté à une mallette qui contient l’album»

D’habitude, les journalistes reçoivent à l’avance, à leur bureau, les disques qui vont sortir. Histoire d’avoir le temps de rédiger un article pour le jour où ils sont mis en vente.

Mais concernant Madonna, changement de régime. Afin d’éviter les fuites, Warner, sa maison de disques, fait de la rétention. Du coup, aucun CD n’est envoyé. Trop risqué. Et envoyer en mot de passe permettant d’accéder à un fichier sécurisé sur le Net qui s’autodétruirait après une seule écoute? Non, répond l’attaché de presse, qui craint que les chansons soient jetées en pâture sur le Net. Pourtant, des versions «crades» selon le terme de la maison de disques sont disponibles sur les plates-formes vidéo. Et envoyer un CD à la rédaction qu’on renverrait deux heures plus tard à la maison de disques? Non plus. D’ailleurs, il n’y a pas de CD.

Enfin si, il y en a un. Un seul pour tous les journalistes européens. Celui-ci est envoyé depuis Londres, là où se trouve le siège de Warner, dans différents pays, où sont organisées des séances d’écoute collective. Un dispositif spécial Madonna. «Il y aurait un mec menotté à une mallette qui contient l’album», imagine-t-on. «Depuis que les maisons de disque n’ont plus d’argent, ce n’est plus un humain qui gère le transfert, explique-t-on chez Warner France. On passe par un envoi sécurisé.»

Colis sécurisé

Ainsi, l’exemplaire de «Hard Candy» est arrivé mercredi soir à Paris et repart à Londres 48 h plus tard. Comme la flamme olympique, sourit un salarié de la maison de disques, qui espère que «personne ne lui foncera dessus avec un extincteur». La nuit, le disque loge dans un coffre sécurisé, dans le bureau du président de Warner France. La journée, il passe en boucle sur une chaîne hi-fi entourée de salariés de la société, volume à fond. Dans leurs bureaux, une quarantaine de journalistes et programmateurs radio français se succèdent pour découvrir la nouvelle livraison de l’icône qui explique, via un communiqué de presse, offrir un «subtil mélange entre dureté et délicatesse… comme si j’allais vous botter les fesses, mais que cela allait vous faire du bien.»





Pour Warner, l’enjeu est «énorme» sur cet album: il s’agit de ne pas faire moins de ventes que pour le précédent opus de Madonna, «Confessions on a dance floor», écoulé à 900.000 exemplaires rien qu’en France (7,7 millions dans le monde). «Hard Candy» sortira dans l’hexagone et en Europe quatre jours avant la sortie américaine. «Pour éviter tout risque de transfert entre la France et ses voisins», justifie Warner. Comme si le piratage de l'objet inquiétait davantage que le téléchargement.