Il était une fois au fin fond de la pampa

Olivier Mimran - ©2008 20 minutes

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Deux figures de la BD francophone s'essaient au western et livrent un des récits les plus flamboyants de l'année avec « Terre de feu » (Futuropolis). Aux pinceaux de ce premier tome en noir et blanc sous-titré L'Archer rouge, on trouve l'excellent Hugues Micol (Les Contes du 7e souffle, Prestige de l'uniforme), dont la rugosité du trait sert merveilleusement la rudesse du contexte. Et au scénario, David B. (L'Ascension du haut mal, Le Jardin armé), cofondateur de L'Association, qui s'amuse à transposer les chevauchées sauvages et les duels au six-coups dans les plaines de Patagonie (car il est avéré que nombre de migrants du XVIIIe siècle se sont établis en Amérique du sud, plutôt qu'au Nord).

Située au début du XXe siècle, l'action de Terre de feu recourt néanmoins à tous les ingrédients du western traditionnel, sauf que les tueurs à gages sont des Chiliens d'Ushuaia et que des icebergs remplacent les sempiternels cactus ! On y fait la connaissance de Lord Gruffyd, un mercenaire gallois, et de Nathan Lowatt, un auteur de romans-feuilletons populaires. Seuls survivants d'une embuscade tendue par les Indiens du cru, ils se réfugient chez le richissime Lord Hexam, où ils font la connaissance de deux soeurs adeptes de l'occultisme... Ce dernier détail est d'ailleurs typique de l'oeuvre de David B., dont chaque album revêt un fort caractère spirituel. A la fois violente et lyrique, la série promet donc de s'aventurer vers des thématiques a priori peu communes au western.