Scandale Facebook: «Mon problème, c’est que c'est devenu indispensable dans la vie de tous les jours»

TEMOIGNAGE Florent Derue, étudiant lyonnais en communication, nous explique pourquoi il aimerait bien quitter le réseau de Mark Zuckerberg...

L.Be.

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Illustration facebook
Illustration facebook — FRANCK LODI/SIPA
  • Cambridge Analytica est accusée d’avoir illégalement acquis des données d’utilisateurs de Facebook.
  • A la suite des révélations, Mark Zuckerberg s’est dit « désolé » et a reconnu des « erreurs ».
  • Des internautes ont lancé le hashtag #deletefacebook sur le Web.

Facebook au cœur de la tourmente. La firme Cambridge Analytica est accusée d’avoir récupéré les données de 50 millions d’utilisateurs sans leur consentement via une application téléchargée sur le réseau social, dans le but de prédire et d’influencer le vote des électeurs lors de la dernière présidentielle américaine. En parallèle, le réseau social, comme Twitter ou Google, est accusé depuis des mois d’avoir servi à des entités liées à la Russie pour manipuler l’opinion publique et de ne pas protéger suffisamment les données personnelles de ses utilisateurs, qui sont la base de son modèle économique.

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En réaction à ces dernières révélations, des utilisateurs de Twitter ont lancé le hashtag #DeleteFacebook, invitant les internautes à supprimer leur compte pour protester contre l’utilisation de leurs données.

Florent Derue, étudiant lyonnais en communication, nous explique pourquoi il envisage de quitter le réseau de Mark Zuckerberg.

« Je n’ai plus confiance dans les paramètres de confidentialité »

« Avec le nombre de publicités ciblées, je m’étais déjà posé des questions par rapport au respect de la vie privée. Mon problème, c’est que Facebook est devenu indispensable dans la vie de tous les jours. Les trois quarts du temps, on me contacte directement via Messenger. Comme je suis étudiant, on a un groupe avec toutes les personnes de la classe et lorsqu’on doit partager des fichiers, des cours, ça passe par Facebook. Tout le monde est dessus. A la place, j’ai essayé d’utiliser Slack pour discuter mais c’est difficile de faire migrer les gens d’une plateforme à l’autre.

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Ces trois ou quatre dernières années, j’ai ressenti le changement d’algorithme, on est passé de beaucoup de contenus de mes amis à des contenus de pages. J’ai migré sur Twitter pour suivre l’actualité car c’est devenu impossible de suivre les pages qu’on aime sur Facebook. C’est enfoui dans le fil d’actualité. L’affaire qui est sortie dernièrement montre qu’on n’a pas la certitude de ne pas laisser une trace sur les serveurs de Facebook. Au-delà de l’utilisation, j’ai donné toutes mes photos à Facebook. En neuf ans, le réseau social a vu passer une partie de ma vie et avec le recul, je me demande si j’ai bien fait de partager ces informations. On m’indique ce que j’ai fait il y a quatre ans, je trouve ça flippant. Il y a quelques années, je mettais plusieurs statuts par semaine, j’inscrivais les endroits où je me trouvais.

« La réputation sur Internet est importante »

Aujourd’hui, Facebook me sert seulement à communiquer avec mes proches. Je ne mets plus jamais de photo de moi dans une soirée. Je n’ai plus confiance dans les paramètres de confidentialité. J’ai trop peur que quelque chose sorte. On vit dans une époque où la réputation sur Internet est importante. »