VIDEO. Nap’s et les rappeurs marseillais du label 13e Art bouleversent la donne du hip-hop

MUSIQUE Moins d’un an après un premier album, «Pochon Bleu», certifié disque de platine, Nap’s enchaîne avec un second opus, «A l’instinct»…

Benjamin Chapon

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Nap's, rappeur marseillais du label 13e Art
Nap's, rappeur marseillais du label 13e Art — Fifou

Deux semaines après sa sortie, les ventes de l’album de Nap’s, A l’instinct, ne s’essoufflent pas, et le rappeur marseillais figure toujours dans le trio de tête. S’il est, évidemment, « fier et satisfait » de cet excellent accueil, Nap’s semble avoir presque déjà tourné la page. « Je suis dans une bonne phase, bien productive. J’ai sorti Pochon Bleu l’an dernier et depuis, je n’ai pas arrêté d’écrire et d’enregistrer. Je suis quelqu’un qui doute beaucoup mais c’est vrai que depuis quelques mois je me sens à l’aise. »

A cet alignement des astres qui lui permet d'enchaîner les tubes avec une régularité mathématique, Nap’s a une explication : « J’ai trouvé une famille. » On peut en trouver une trace sur les featurings nombreux de A l’instinct. Mais si Nap’s se sent proche des rappeurs marseillais comme Alonzo et Le Rat Luciano, ou parisien comme Sofiane, il est surtout ravi d’accueillir ses collègues du label 13e art.

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Créé il y a bientôt huit ans, le label marseillais, qui a installé son studio dans le quartier de la Castellane, est connu pour avoir révélé Lacrim, et maintenant Nap’s. Et si l’on en croit le rappeur, mais aussi quelques papas du hip-hop marseillais comme Akhenaton, 13e art est désormais identifié comme le label indépendant qui signe et fabrique les stars du rap marseillais de demain.

Une famille et de l’entraide

« Avec le succès, j’ai commencé à recevoir pas mal de sons, raconte Nap’s. Mais franchement, aucun ne valait ceux des beatmakers de 13e art. Je suis fidèle au label parce que les meilleurs sont là. C’est facile. » Dika, Graya, Lil So, Baysou… Le prochain disque de platine se trouve peut-être parmi cette liste d’artistes du label. En attendant, Nap’s et ses acolytes cultivent un « état d’esprit, une entraide, une alchimie naturelle entre nous… On travaille les uns avec les autres parce qu’on s’aime et qu’on se respecte. »

Dans la bouche de Nap’s, cette déclaration prend tout son sens. « Je suis un peu réservé, j’ai des relations dans le rap mais c’est plus ou moins profond… C’est vraiment avec les gens de 13e art que je me sens bien. On vient d’un peu partout à Marseille, ce n’est pas un truc de quartier. »

S’il ne comprend pas bien l’opposition avec le rap parisien, « à part le foot, rien ne nous oppose vraiment », Nap’s convient qu’il existe bien un son typiquement marseillais : « ça tient aussi au fait qu’on a tous déjà travaillé les uns avec les autres. On se connaît tous. Marseille, c’est grand mais c’est petit. »

Pour 13e art, Nap’s espère qu’on dira bientôt « c’était petit mais maintenant c’est grand ».