San-Antonio redevient un héros de BD grâce à l'un des auteurs de «Lastman»

BD Découvrez les premières planches de la nouvelle adaptation de la série culte de Frédéric Dard en preview exclusive pour « 20 Minutes »…

Olivier Mimran

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Extrait de San-Antonio chez les Gones
Extrait de San-Antonio chez les Gones — © Michaël SANLAVILLE éd. Casterman 2018

Quarante ans après sa dernière apparition dans une BD, le héros du romancier Frédéric Dard s’apprête à « refaire des bulles » sous les pinceaux de Michaël Sanlaville, l’un des trois auteurs (avec Balak et Bastien Vivès) de la série à succès Lastman. Le jeune lyonnais a en effet réalisé un « rêve de gosse » en adaptant le 51e tome de la série, San-Antonio chez les Gones. Adaptation que les éditions Casterman ont la gentillesse de présenter, en exclusivité, aux lecteurs de 20 Minutes.

 

 

Avec ses 174 volumes écrits entre 1949 et 2001, la série romanesque San-Antonio a eu le temps de conquérir plusieurs générations de lecteurs (comme en témoignent les 250 millions de livres vendus à ce jour). Parmi ceux-ci, Michaël Sanlaville qui doit sa passion pour le célèbre commissaire à sa maman : « lorsque j’étais gamin, elle désespérait tant de ne me voir lire que de la BD franco-belge et du manga qu’elle a volontairement laissé traîner quelques San-Antonio… Je les ai dé-vo-rés ! ».

Il faut dire que la série, forte d’une verve fleurie (argot et grivoiserie sont un peu les « marques de fabrique » de Frédéric Dard), est « le meilleur appât pour amener un gosse à la lecture, parce que tout y est fun et addictif ».

Un enfant du cru

Pour rendre hommage au héros de sa jeunesse, Michaël Sanlaville a volontairement choisi San-Antonio chez les Gones : « d’abord parce que j’ai moi-même été un gone (un môme, dans l’argot lyonnais », sourit-il, et ensuite parce que cette enquête se déroule essentiellement dans un village qui ressemble à celui dans lequel j’ai grandi. Libéré des recherches graphiques, je n’avais plus qu’à me concentrer sur le découpage, les personnages et la mise en scène des dialogues ».

C’est très réussi tant cette adaptation dessinée est fidèle au roman d’origine : elle s’ouvre avec Bérurier (le fidèle second du commissaire San-Antonio) jouant les maîtres dans une école dont deux élèves ont récemment disparu, et un des enseignants a été assassiné ! De son côté, « San-A » mène une enquête discrète qui va le confronter à une galerie de truculents - mais pas forcément recommandables - personnages…

« Rester au plus près du style »

La narration et les dialogues, tous de métaphores et d’humour franchouillard, sonnent admirablement « à la Frédéric Dard ». « J’ai tellement d’affection pour ces bouquins et leur langue ''habitée'' qu’il me semblait important de rester au plus près du style ; je n’ai donc presque pas touché les dialogues d’origine, mais je n’ai pas non plus pu caler toutes les digressions de la voix off des livres », regrette Michaël Sanlaville.

Quant à l’esthétique du livre, elle reste typique du style graphique de Sanlaville, qui emprunte autant de codes à la BD franco-belge qu’au manga ou au comics. L’ensemble est hyperdynamique, même si l’auteur précise avoir beaucoup « calmé ma frénésie manga pour revenir à une narration et un dessin plus posés » et les personnages ont de vraies « tronches », comme Bérurier, par exemple. San-Antonio, lui, avec sa belle gueule aux yeux bleus, est franchement inspiré par Alain Delon jeune ; et certains personnages secondaires - saurez-vous les retrouver ? - ont les traits de Gérard Depardieu, Dominique Strauss-Kahn ou Éric Zemmour…

Rigolo, violent et coquin

Qu’on soit fan de San-Antonio ou pas, il faut objectivement reconnaître que ce premier volume, dense, généreux, ici un peu violent et là un chouïa coquin, a tous les atouts pour cartonner en librairie. Si c’est le cas, avec encore 173 volumes de San-Antonio à adapter, plus la suite de Lastman (qui compte déjà 10 volumes) à coréaliser, Michaël Sanlaville n’a plus de souci à se faire pour son avenir professionnel !

« San-Antonio chez les Gones », de Michaël Sanlaville (d’après l’œuvre de Frédéric Dard) - éditions Casterman - 16 euros

En vente le 21 mars 2018