VIDEO. Bertrand Cantat renonce aux festivals d'été et clame son «droit à la réinsertion»

MUSIQUE Le chanteur, condamné pour avoir tué sa compagne Marie Trintignant en 2003, a annoncé lundi qu'il annulait ses concerts prévus en festival, face à la contestation grandissante...

C. Ap. et F.R., avec AFP

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Bertrand Cantat lors d'un concert à La Rochelle, le 1er mars 2018.
Bertrand Cantat lors d'un concert à La Rochelle, le 1er mars 2018. — XAVIER LEOTY / AFP

Il renonce. Le chanteur Bertrand Cantat a annoncé ce lundi qu’il renonçait à se produire dans les festivals d’été alors qu’il fait face à une contestation grandissante pour ses concerts, 15 ans après la mort sous ses coups de Marie Trintignant.

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« Pour mettre fin à toutes les polémiques et faire cesser les pressions sur les organisateurs, j’ai décidé de retirer notre projet de tous les festivals d’été », a déclaré lundi l’ex-leader de Noir Désir âgé de 54 ans, dans un communiqué. Les concerts de sa tournée de Cantat sont maintenus jusqu’à ceux prévus à l’Olympia les 29 et 30 mai.

Les protestations provenant de toutes parts, politiques, collectifs féministes, anonymes sur les réseaux sociaux, se faisaient de plus en plus vives depuis le retour sur scène de Cantat, qui a débuté le 1er mars à La Rochelle une tournée pour défendre son premier album solo, Amor Fati paru le 1er décembre.

« Il va se faire applaudir après avoir tué ? »

Cette annonce est survenue quelques heures avant la diffusion d’une interview dans l’émission Stupéfiant sur France 2 de la mère de Marie Trintignant, Nadine Trintignant, dans lequel elle exprime son indignation de voir Cantat pouvoir se produire sur scène. « Comment se fait-il, qu’un homme, alors qu’on sait qu’il a tué… Ça n’est pas un mystère. Comment ose-t-il ? Je trouve honteux, indécent, dégueulasse, qu’il aille sur scène », a-t-elle déclaré.

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Selon la réalisatrice, le retour de Cantat est impossible « parce qu’il a tué ! Tout simplement ». « S’il veut se réaliser en tant qu’artiste, il peut écrire pour des chanteurs qui eux n’ont pas tué. Il va se faire applaudir après avoir tué ? Est-ce que ça a déjà existé ? Moi j’ai cherché. Je suis remontée jusqu’au Moyen-Age. J’ai cherché si un tueur était venu sur une scène pour se faire applaudir. Ça n’a pas existé ».

« J’en tremble encore en l’écrivant »

Dans son communiqué, qu’il a publié sur les réseaux sociaux, le chanteur commence son message ainsi : « Je m’appelle Bertrand Cantat et j’ai été condamné en 2003 à huit ans de prison pour meurtre sur la personne de Marie Trintignant sans intention de donner la mort. J’en tremble encore en l’écrivant. Il est des trous noirs dans le tissu de la vie qui ne se comblent pas. » Et d’assurer : « Je n’ai cependant jamais cherché à me dérober aux conséquences et donc à la justice. Je renouvelle ici ma compassion la plus sincère, profonde et totale à la famille et aux proches de Marie. »

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Il dit déplorer que les médias se soient « emparés » de son histoire et de l’avoir « bien trop souvent déformée et instrumentalisée jusqu’à l’excès. De trop nombreux amalgames ont été faits, jusqu’à la caricature », estime-t-il.

« J’ai purgé ma peine »

L’ex-Noir Désir, présente au passage ses excuses pour la couverture des Inrockuptibles qui avait fait polémique fin 2017 et conclut en clamant son « droit à la réinsertion ». « J’ai payé la dette à laquelle la justice m’a condamné. J’ai purgé ma peine. Je n’ai pas bénéficié de privilèges », tente-t-il de justifier.

Bertrand Cantat avait été condamné à huit ans de prison pour avoir tué en 2003 à Vilnius, la capitale lituanienne, sa compagne, la comédienne française Marie Trintignant. Elle avait succombé à ses coups après une violente dispute. Le chanteur a purgé quatre ans de prison avant de bénéficier d’une libération conditionnelle, en 2007.